De l’utilité de diffuser les études au grand public

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

urlEn quête de scoops pour les médias ou de notoriété pour les équipes de recherche, de plus en plus d’études sont diffusées auprès du grand public à peine publiées, et sans aucune précaution.

Parfois, les professionnels n’ont pas encore eu le temps de prendre connaissance de l’étude que les patients leur en parlent déjà. L’ennui, c’est qu’une étude sortie de son contexte, sans comparaison avec d’autres réalisées sur le même sujet et délivrée sans critique objective, n’a pas grand intérêt. Elle peut même brouiller considérablement les idées.

Ainsi en est-il de l’étude parue le 2 janvier dernier dans la revue Sciences, qui voudrait que les deux tiers des cancers soient dus à la malchance. Exit la génétique, exit aussi le comportement de l’individu. A la fin de l’article, on apprend que les cancers du sein et du poumon ont été exclus de l’étude en question. Ce sont pourtant les deux cancers les plus fréquents avec le cancer du côlon… L’OMS a réagi à cette diffusion d’informations tronquées, mais qui l’a entendu ?

On sait pourtant, pour le domaine qui nous occupe, que l’obésité augmente le risque d’apparition du cancer du sein, comme celui de la prostate ou du côlon. J’ai fréquemment en consultation des patients qui me rapportent les résultats de telle ou telle étude. La dernière en date portait sur l’emploi des édulcorants, suite à l’étude alarmiste parue dans Nature en septembre dernier. Or, pour beaucoup, ils n’ont ni les connaissances, ni le recul nécessaire pour bien l’interpréter.

Les risques inhérents à cette pratique sont nombreux :
- Une cacophonie grandissante avec une perte de repères et de confiance, car il est rare que toutes les études menées sur un même sujet aillent dans le même sens,
- Une peur qui s’installe lorsque l’étude en question met en évidence un risque potentiel : cette peur persistera même si l’étude suivante sur le même sujet dément la première.
- Au contraire, une insouciance si l’étude est rassurante, même si elle présente des biais, comme l’étude citée plus haut.

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