Simplifier l’obésité
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité
Obésité : le déni ? La honte ? Chacun y va de sa dernière idée simplificatrice…
Creusons tout de même. Déni de quoi ? De son climat interne morose voire même très, très noir ? Déni de conditions de vie lamentables ? Déni de souffrances ? Ou simple déni de kilos en trop ?
Honte ? Honte d’avoir vécu on ne sait quelles humiliations ? Honte de devoir se soumettre à un tyran domestique ? Honte d’avoir à baisser la tête ? Ou encore une fois, honte de quelques kilos de trop ?
Pour remettre les choses en place, un bon coup de pieds dans la fourmilière ? Un grand ménage de printemps ? Une solution moins spectaculaire : revenir à l’histoire de chacun et tenter d’y trouver un peu de sens.
Une petite idée et la voilà érigée en explications, chiffres et schémas. Les références médicales peuvent impressionner. Il est urgent de démonter les discours censés venir éclairer le commun des mortels, surtout ceux un peu perdus dans leurs problèmes.
Je voudrais vous faire part d’une expérience, celle d’une fausse étude scientifique. Elle a été présentée avec des résultats agrémentés d’une reproduction d’une comparaison d’IRM de cerveaux, certaines zones grisées et la même accompagnée de graphiques. Les évaluations des lecteurs, non informés de la fausseté de la dite étude, portaient sur la pertinence des éléments développés, ils étaient mesurés selon une échelle ayant toutes les apparences qui sont requises dans ce genre d’exercice. Les mêmes résultats présentés avec IRM sont jugés significativement supérieurs par les personnes interrogées.
Attention ! Montrer n’est pas démontrer. Tout est question d’interprétation. L’inconscient de tout un chacun se manifeste toujours et partout. LA vérité est peut-être très subjective. LA réalité est un grand fourre-tout. Causes, effets ? A quand l’obésité pour les Nuls ?



Mon mémoire traite (entre autre) de cette tendance à la simplification du corps gros par l’IMC and co. Je vous le ferai suivre avec plaisir quand il sera terminé.
beaucoup d’émotions à vous lire, c’est la vie qui nous rend obèses car on apprends beaucoup, mais pas à vivre et faire face à ses obstacles nombreux et douloureux qu’on appelle pudiquement « accident de la vie »…
Lire vos brèves est stimulante. merci.
« LA réalité est un grand fourre-tout. Causes, effets ? A quand l’obésité pour les Nuls ? »
Avec un chapitre sur la cupidité des professionnels traitant de l’obésité ? très lucratif le créneau ! et si facile à entretenir…
et un autre sur le métier d’obèse ? très destructeur lors de la découverte de cette pseudo identité de malade…
des idées comme çà me viennent
Anne