Spécial journée de l’obésité : je mange peu et pourtant je grossis. Pourquoi ?
A l’occasion de la journée européenne de l’obésité (vendredi 23 mai), les professionnels du Think Tank ObésitéS apportent leurs réponses aux questions les plus souvent posées par leurs patients. Éclairage avec Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Je mange peu et pourtant je grossis. Pourquoi ?
Il peut y avoir plusieurs explications :
- Il ne faut pas confondre le volume de l’aliment et sa valeur énergétique. Certains aliments de faible volume apportent beaucoup d’énergie ; c’est le cas des barres chocolatées, des charcuteries ou des fruits oléagineux (avocats, noix). On peut donc ne pas manger d’entrée ou de dessert, mais adopter des aliments très riches. La façon de cuisiner compte également, notamment par la quantité de matière grasse utilisée pour assaisonner ou cuire.
- Autre phénomène : les personnes qui se restreignent toute la semaine et qui sortent systématiquement le week-end et ne font plus du tout attention. Leur corps, constamment sur la défensive, stimulera alors leur appétit et orientera leur choix vers des aliments très énergétiques. On peut de cette façon prendre des kg de façon insidieuse.
Alors que faire ? Ne pas trop se restreindre au quotidien et éviter de cumuler tous les aliments très riches sur un ou deux jours. Le plaisir de manger doit être au rendez-vous quotidiennement.
Cercle infernal Dépression/obésité
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Est-ce l’obésité qui mène à la dépression ? Ou l’inverse, la dépression conduit-elle à l’obésité ? Une étude de l’Université de Rutgers (New Jersey) menée par Naomi Marmorstein, professeure de psychologie, vient cette semaine boucler un débat récurrent. La cohorte de 1500 filles, de 11 à 24 ans, révèle que… les deux sont possibles.
On observe souvent qu’être « mal dans son corps » induit un rapport à soi compliqué. Surtout chez les filles. Les diktats sociaux au regard du corps sont plus écrasants pour elles que pour les adolescents garçons. Les libérer de l’injonction (tacite ou pas) de plaire les rendrait plus tolérantes à l’égard de leur poids, toujours considéré comme excessif. Nous en avons déjà parlé ici même…
Et, à l’inverse, la jeune personne déprimée, pas seulement dans les termes des psychiatres, mais celle qui se sent « mal dans sa tête » en compensant par ces petits plaisirs offerts par la nourriture en dehors de la stricte faim, se voit prendre des kilos. Ce qui la déprime encore un peu plus. Et c’est le cercle vicieux, infernal, qui s’empare d’elle.
Cette étude a le mérite d’attirer l’attention de tous les professionnels de l’adolescence, et pas uniquement ceux de la santé, sur la complexité des prises de poids.









