Les perturbateurs endocriniens : l’effet kiss cool
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste
On évoque régulièrement les perturbateurs endocriniens dans les médias sans trop bien savoir quoi en penser in fine si ce n’est que cela sent le soufre. On parle des pesticides, herbicides, fongicides, médicaments, phtalates, bisphénol A, polychloroéthylène etc. Leur effet est redoutable sur la santé, non par leur exposition aiguë mais leur exposition cumulée à l’échelle d’une vie. Ils sont aussi mis en cause dans leur probable génotoxicité et leur empreinte sur le développement fœtal in utero.
Le coût en dépenses de santé commence à être connu. Cela n’est pas une surprise : il est abyssal. On parle de 31 milliards d’€ par an en Europe dont 4 pour la France. Le rapport de l’Alliance pour la santé et l’environnement (ONG européenne) rendu public mercredi 18 juin a évalué le montant des soins engagés par 5 catégories de maladies (obésité, diabète, troubles autistiques et neurocomportementaux des enfants, cancers hormono-dépendants, infertilité et malformations génitales des garçons) Ces pathologies pèsent au total 82 milliards d’€ annuels en France (pour un total de 243 milliards).
La part attribuable aux perturbateurs endocriniens dans ces pathologies a été pondéré selon des hypothèses basses et en reprenant des études épidémiologiques récentes. Le travail final n’a pas été publié dans une revue avec un comité de lecture. On peut penser cependant qu’il y a une certaine crédibilité aux conclusions chiffrées du rapport. Chose inquiétante, les chiffres sont probablement plus faibles que la réalité.
Les perturbateurs endocriniens n’ont pas dévoilé toute leur turpitude. Les chiffres français sont particulièrement mauvais. Notre pays est le plus touché au monde au niveau des cancers hormono-dépendants (sein, ovaires, prostate). On a les chiffres, que fait-on au niveau pratique ?!


