Un décret pour le fait-maison
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste
Le gouvernement français vient de publier un décret sur le fait-maison. Il doit permettre au consommateur de s’assurer que le plat servi en restauration est bien préparé sur place. Pourtant, la polémique enfle concernant les critères retenus pour ce décret.
La mention fait-maison existait déjà mais n’était pas labellisée. Aujourd’hui, seuls 16% des restaurateurs font du fait-maison. Les dérogations pour tout cuisiner sur place afin de pouvoir justifier du label « fait-maison » risquent d’induire en erreur le consommateur. En effet, celles-ci vont être mises en place pour les fruits, les légumes, les viandes et les poissons qui entrent dans la composition du plat mais qui peuvent être découpés, taillés, épluchés en dehors du lieu de restauration.
Dès lors, on peut avoir un restaurateur qui se targue de proposer du fait-maison mais qui utilise des légumes préparés sous vide. L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) signale que Mc Do, comme les autres fast-foods, peuvent se targuer de faire du fait-maison ! Seules les pommes de terre et les sacro saintes frites ne recevront l’appellation dans la mesure où elles sont découpées, préparées, taillées et épluchées sur place.
Deux autres reproches peuvent être faits à l’encontre de ce décret : la saisonnalité n’est pas prise en compte et les circuits courts ne sont guère valorisés.



