« Un obèse ne perdra pas un gramme en faisant de l’exercice »

Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.

En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)

picture_preview_963« Un obèse ne perdra pas un gramme en faisant de l’exercice ». Cette affirmation n’est pas une nouveauté car la revue de la littérature publiée par Damon Swift* concluait « Les réponses aux programmes de perte de poids avec activité physique et sans restriction calorique sont très hétérogènes. Sur la base de la littérature existante, les patients qui s’engagent dans un programme d’activité physique sans restriction calorique auront une perte de poids modeste (<2 kg), mais aucune perte de poids est possible […] Les cliniciens devraient tenter d’encourager les participants à adhérer à des programmes d’entrainement (exercice régulier) sur le long terme, indépendamment de l’importance de la perte de poids obtenue ».

Dans cette même étude, ces auteurs montrent bien l’intérêt d’une prise en charge diététique (restriction calorique par rapport aux apports usuels) pour avoir des effets significatifs sur le poids, la composition corporelle et la diminution des facteurs de risque cardio-vasculaires et métaboliques.

Or nous le savons bien, le but des programmes d’activité physique est de modifier la composition corporelle (diminution de la masse grasse en préservant la masse musculaire notamment). L’objectif principal est d’améliorer la « fonctionnalité » du muscle squelettique et surtout sa capacité à produire de l’énergie et à utiliser les lipides à des fins énergétiques. Bref à ce que « le muscle soit en bonne santé ». En effet, beaucoup de pathologies chroniques sont dues à un muscle en mauvaise santé (à un muscle peu sollicité : c’est le cas de l’inactivité physique). Mais, le carburant de notre muscle provient de notre alimentation… Celle-ci à une importance capitale sur notre « bonne santé » à travers ses effets sur les différents organes.

Cet éditorial du British Journal of Sport Medicine souligne que :
• L’épidémie d’obésité n’est que la parie visible de l’iceberg et que l’inactivité physique n’est pas la cause principale de l’obésité. En effet, selon le Lancet Global Burden of Diseases, une mauvaise alimentation génère désormais plus de maladies que l’inactivité physique, l’alcool et le tabagisme combiné.

• L’industrie alimentaire, à travers les messages véhiculés dans les spots publicitaires, « sabote les interventions efficaces du gouvernement tels que l’introduction de taxes de boissons sucrées ou de l’interdiction de la publicité pour la malbouffe ».

 

* Damon Swift et coll., The Role of Exercise and Physical Activity in Weight Loss and Maintenance dans Prog Cardiovasc Dis. 2014 ; 56(4): 441–447

 

Les autres réactions à cette étude

    • L’anti-mythe totalitaire
      Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

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