L’obésité, résultante d’une inégalité métabolique vis-à-vis de l’alimentation

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

En réaction à l’article « Manger dans le métro » de Catherine Grangeard

Paris_Metro_SignCet histoire de personnes obèses photographiées dans le métro en train de manger est un peu dramatique. Elle me fait penser à celle de ce patient obèse me racontant qu’il n’osait plus manger dans la rue depuis que des enfants et leurs parents s’étaient retournés sur lui en s’exclamant : « dis maman t’as vu le gros » ; « oui, et en plus il mange ».

Cette intolérable jugement nait, espérons-le, d’une méconnaissance plus que d’une méchanceté. Alors que cette autre initiative récente dans un pays anglo-saxon visant à humilier un gros pour le faire changer d’attitude, est à égalité le fruit de la bêtise et de la méchanceté.

Œuvrons pour faire comprendre que l’obésité est la résultante d’une inégalité métabolique vis-à-vis de l’alimentation pour des raisons génétiques et épigénétiques d’une part et pour des raisons psychosociales d’autre part. Puis, que cette maladie évolue ensuite pour son propre compte du fait d’altérations profondes des boucles tissu adipeux – cerveau – intestin et cerveau – tissu adipeux.

Œuvrons surtout pour que la bienveillance entre les hommes se répande et que la défense des plus faibles, fussent-ils forts (!), soit le guide de notre société.

Balises : , , , , , , , , , , , , ,

3 responses to “L’obésité, résultante d’une inégalité métabolique vis-à-vis de l’alimentation”

  1. G. Losserand / étudiant en psychologie à Paris 7 says :

    Je regardais hier une émission sur arte au sujet des personnes atteinte du syndrome Gilles de la Tourette. Toutes ces personnes évoquaient de grandes difficultés avec les autres enfants à l’école. Leur situation s’améliorait quand ils pouvaient annoncer qu’ils souffraient d’une maladie connue et « incurable » dans l’état actuel des connaissances sur ce syndrome.

    Que l’on fasse de même dans le discours sur l’obésité en la désignant comme maladie est sans doute juste. Et cela aidera sans doute les obèses au niveau social.

    MAIS, il est quand même aberrant qu’une forme d’impunité règne vis à vis du « racisme » anti-gros (parce que c’est le même principe que le racisme ou le sexisme… de l’IMCisme , du grossisme ??) sous un crédo du genre : « Oh vous savez…. les enfants sont cruels ».

    On n’agresse pas une autre personne. Point. Pas besoin de savoir si elle est malade ou pas. Donc oui: œuvrons pour la bienveillance.

  2. Patricia Pacaud says :

    Vos réflexions rejoignent celle que je me faisais hier soir, à la veille d’assister à un pot de départ pour des retraités dans mon entreprise. Effectivement, je me disais que je ne toucherai à rien étant donné que l’on regarde les « gros » qui se nourrissent comme des goinfres alors que les « minces » ont besoin de prendre des forces !
    Une pomme nous fera grossir alors que les autres pourront s’empifrer sans conséquence.
    Cela ne nous rend pas pour autant racistes anti-maigres ; nous n’en sortirions pas grandis. Nous sommes « plus larges » d’esprit !

    Que la bienveillance soit avec vous !

  3. Grangeard Catherine says :

    Il faut clairement s’attarder à la malveillance exprimée ici ou là, à l’égard des un(e)s et des autres et la dénoncer.
    Une précision : ce que je relatais concerne uniquement les femmes. Pas seulement des femmes en excès de poids mais seulement les femmes.
    Les commentaires sont très tendancieux, dans le registre d’hypersexualisation, de pornographisaton… ces néologismes pour faire comprendre de quoi il retourne. Lorsque les femmes sont grosses, alors c’est encore pire. Mais c’est avant tout du sexisme.
    Comme il y a un continuum entre les remarques à caractère sexuel et le fait de s’enrober, les réactions actuelles des femmes visant à faire entendre les remarques de rue comme un harcèlement insupportable, il me semble important de s’attarder à toutes ces choses trop longtemps banalisées.
    En consultation, les femmes révèlent comment elles se sont construites pour y échapper. C’est une source de comportements alimentaires (entre autres) qui vont ensuite créer des pathologies. C’est donc tout sauf anodin !

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