Obésité : l’inégalité jusque dans notre intestin !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le microbiote intestinal intrigue de plus en plus de chercheurs concernés par la recherche sur les obésités. Car il faut bien le répéter ici : l’obésité est bien plurielle.
Ainsi une étude danoise publiée dans Nature en 2013 (Nature 2013 ; 500:541) permet de différencier deux catégories de sujets en fonction de la richesse de leur microbiome en génome bactérien. Ainsi on catégorise en microbiome pauvre et en microbiome riche selon le nombre de gènes.
Chez les riches, les espèces anti-inflammatoires prévalent. Au contraire, chez les pauvres, on note des espèces pros inflammatoires prédominantes. La proportion d’obèses est plus importante chez les porteurs de microbiote pauvre. Leur profil inflammatoire est élevé avec une CRP (protéine C réactive) au-dessus des normes et un profil lipidique dégradé.
La conclusion des auteurs est que l’on peut identifier un profil métagénomique favorable à une prise de poids et à une inflammation chronique. Mais on ne sait toujours pas quelle est la poule et quel est l’oeuf. Est-on obèse à cause de la pauvreté du microbiote ou cet appauvrissement n’est que la conséquence d’une situation de stockage excédentaire lipidique ?
Comment agir au niveau de notre mode de vie afin de corriger ce microbiome pauvre et faire qu’il s’enrichisse en bactéries ? (Le Chatelier, nature 2013 ; 500:541)



