Activité physique ou mise en mouvement ?
Par Sylvie Benkemoun, membre du Think Tank ObésitéS, psychologue psychothérapeute spécialiste des questions d’obésité.
En réaction à l’article « Lien mère/enfant sur l’activité physique » de Gautier Zunquin
Avoir une bonne santé, être en santé : voilà le nouveau code du savoir-vivre qui nous envahit à défaut d’être efficace. Mais ces alertes, souvent modérées, donnent-elles envie de s’y mettre ?
Il est pourtant tendance d’évaluer son rythme cardiaque, ses pulsations, sa tension, ses calories avec des gadgets de plus en plus élaborés. Courir devient une activité plus partagée. L’activité physique est à l’ordre du jour, mais pas forcément auprès des personnes qui en ont le plus besoin ? Pourquoi ?
Comment oublier ces disqualifications souvent nombreuses et ces activités plus ou moins forcées, à l’école, valorisant la performance des meilleurs pour oublier les moins doués. Et pourtant, que de plaisirs à découvrir en investissant son corps pour qu’il ne soit plus un étranger. Bouger en s’étirant au réveil, se toucher, s’apprendre tout en approchant l’autre, un échange bienveillant, juste pour le plaisir.
Oublier un instant les injonctions médicales pour se remplir les poumons, sentir les rayons du soleil sur sa peau, sans peur et sans le reproche de ces chiffres toujours alarmants. Le devoir de santé scandé inlassablement renforce la culpabilité de ne pas faire ce qu’il faut, de ne pas être de bons parents, de ne pas savoir lutter contre l’obésité. Il entraîne la résignation.
La valorisation du mouvement, pour le plaisir, et la mise à disposition de possibilités variées tant à l’école que dans l’environnement pourraient être des invitations plus efficaces à bouger davantage. Et si la communication se faisait plus positive ?



