Lien mère/enfant sur l’activité physique

Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.

picture_preview_954De nombreuses études ont déjà montré que le niveau d’activité physique des parents était un facteur déterminant du niveau d’activité physique des enfants. Une nouvelle étude publiée le 24 mars par Kathryn Hesketh dans la revue Pediatrics « Activity Levels in Mothers and Their Preschool Children » a analysé les niveaux d’activité physique de 554 mères et enfants d’âge préscolaire (3 à 6 ans) en Angleterre (Southampton). Les mères participantes et leurs enfants étaient équipés d’accéléromètres (instruments qui permettent de mesurer le niveau d’activité physique).

Cette étude révèle :

1- Des niveaux d’activités physiques en dessous des recommandations.
Une mère sur deux pratique 30 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse au moins une fois par semaine. Or, les recommandations internationales de l’American College of Sport Medicine sont de 150 min/semaine.

2- Il existe un lien direct entre le niveau d’activité physique de la mère et celui de l’enfant.
Pour chaque minute d’activité physique modérée à vigoureuse de la mère, le niveau d’activité de l’enfant s’accroît, en moyenne de plus de 10%.

Il existe donc un lien étroit entre l’activité de la mère et l’activité de l’enfant. Cela suggère que les parents ont donc un rôle important à jouer notamment sur le niveau d’activité de leur enfant. Il est donc fondamental que les politiques publiques s’attèlent davantage à promouvoir l’activité physique des parents d’enfants en bas âge et des futurs parents. Cela pourrait être un moyen simple pour augmenter le niveau d’activité physique de la population. C’est aussi un levier pour diminuer la prévalence de l’obésité infantile et donc de la future obésité adulte.

Les réactions au post de Gautier Zunquin

    • D’heureuses initiatives
      Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

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2 responses to “Lien mère/enfant sur l’activité physique”

  1. G. Losserand / étudiant en psychologie à Paris 7 says :

    On trouve ici un argument supplémentaire pour la prise en charge familiale de l’obésité, quand bien même seul l’enfant est concerné. Très clairement.

    Après, il faut toujours garder un peu de distance vis à vis des statistiques. Elles doivent rester un indicateur de tendance, pas une sorte de règle mécanique. Je trouve curieux de dire que pour chaque minute d’activité de la mère, celle de l’enfant s’accroit de 10 %… Mathématiquement en recoupant les stats, ok, mais dans la pratique sur une famille donnée, je suis moins sûr.

    Et cette approche présente aussi un autre problème.

    On pourrait penser que les familles minces sont celles qui font du sport, tandis que les obèses seraient des inactives. Or c’est faux. Si il y a certes de grandes différences mesurables dans l’activité physique, il y a aussi des inégalités métaboliques et biologiques très importantes. Une « famille mince » peut parfaitement être une famille peu active.Et d’un autre côté, il est plus difficile de faire du sport quand de toute façon on prend du poids, même quand on fait attention.
    Donc il ne faut pas non plus que cette étude vienne aggraver un présupposé pas systématiquement exact dans l’obésité. D’où l’importance d’ailleurs, de parler DES obésitéS.

    • Gautier Zunquin says :

      Je trouve toujours amusant que les données statistiques provoquent de telles réactions. Alors certes la formulation « que pour chaque minute d’activité de la mère, celle de l’enfant s’accroit de 10 %… » peut prêter à commentaires mais le résultat de cette étude clinique « de la vie de tous les jours » s’applique à la population étudiée (population anglaise).
      D’autre part, je pense qu’il ne faut pas interpréter les résultats comme vous le faites « On pourrait penser que les familles minces sont celles qui font du sport, tandis que les obèses seraient des inactives » Non, rien de cela n’a été énoncé, la seule conclusion est qu’il faut développer les liens enfants parents au niveau de l’activité physique car les résultats sont encourageants.

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