Voltaire avait raison !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
L’inscription de la gastronomie japonaise au patrimoine immatériel de l’UNESCO en décembre 2013, comme on l’a fait précédemment pour la gastronomie française, n’est pas un gage de sécurité pour ce modèle alimentaire tant promu par les nutritionnistes du monde entier. Je crains fortement que ce type de gastronomie se visite dans le futur comme on rend visite actuellement aux mammouths de la grande galerie de l’évolution au Jardin des Plantes de Paris.
Il semble que le washoku (gastronomie japonaise) soit mis à mal comme pourrait l’attester la floraison de restaurants dits japonais qui ont doublé sur les 6 dernières années dans le monde entier passant de 24000 en 2006 à 55000 en 2013. Bon nombre de ces restaurants n’ont de japonais que le nom.
Pour bon nombre de puristes japonais, la gastronomie de l’archipel n’est pas exportable. La mondialisation pourrait mettre en péril l’harmonie de cette cuisine si délicate.
On en revient constamment à cette mondialisation qui semble décidément agir comme un épouvantail. Cuisiner japonais en France, comme cuisiner français au Japon est-ce possible sans perdre son identité ? On ne cuisine pas de la même manière en dehors de ses frontières car le terroir n’est pas le même et que les ingrédients vont forcément différer. On perd du goût original, on affadit les sens en transformant le goût pour plaire au plus grand nombre. Je dirais même qu’on « ikéaise » le goût. En exportant la cuisine, on s’adapte aux palais locaux pour tenter de capter l’attention et l’adhésion du plus grand nombre.
Cette mondialisation du goût dessert la gastronomie traditionnelle et se prête davantage à l’émergence des restaurations grasses, salées, épicées et sucrées. La cuisine traditionnelle simple disparaît avec le temps. Il faut cultiver notre jardin !
Les réactions au post d’Arnaud Cocaul
- Manger universel
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.




Je me rappelle d’une discussion avec des Japonaises au sujet des sushis. Elles étaient très surprise que je leur dise que chez nous c’était devenu très commun d’en manger. Mais c’est en fait parce que nos sushis n’ont pas grand chose à voire avec la délicatesse de ce met qui pour être bon doit être de grande qualité (et très cher donc). De plus, les sushis ne sont qu’un détail de la gastronomie japonaise.
Par contre, côté dessert, ils seraient bien inspirés de nous copier un peu plus…