Déclencher un changement des habitudes
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Manger gras trouble le cerveau » d’Arnaud Cocaul
La pédagogie a bien un effet primordial dans le changement des habitudes. Elle doit concrètement montrer comment les personnes peuvent remplacer l’excès de matière grasse.
Cet apprentissage est plus efficace qu’une explication de la régulation de la prise alimentaire,
En effet, comprendre la façon dont le cerveau régule la faim, la satiété, est importante. Mais cette connaissance se révèle insuffisante pour déclencher un changement dans les habitudes. J’y vois au moins trois raisons :
1/ Les habitudes culinaires sont le plus souvent transmises de génération en génération. Elles font donc partie de l’histoire familiale, des souvenirs.
2/ Elles permettent aussi de revendiquer une appartenance à une région, un terroir. « Je mange du beurre salé parce que je suis originaire de Bretagne », « habitant en Alsace, il m’est difficile de renoncer à la charcuterie… ». Dans un cas comme dans l’autre, demander à modifier ces habitudes peut être perçu comme une demande de renier ses origines, de s’isoler.
3/ Fréquente également, la crainte du cuisiner ou de la cuisinière de se heurter aux idées reçues de ses convives. Par exemple, qu’ il n’est pas concevable que les plats puissent avoir bon goût en mettant moins de matière grasse.
Face à tout cela, il faut aider les personnes concernées à expérimenter et définir ensemble les plats qu’il est possible d’alléger sans trop les transformer. On doit stimuler leur imagination, tester les allègements, en rediscuter… Jusqu’à ce qu’ils intègrent ces changements dans leurs habitudes quotidiennes.



Pour changer les habitudes alimentaires, j’ai disposé la table des repas face à la fenêtre … ainsi les placards sont derrière moi ce qui limite considérablement l’idée d’aller prendre un met interdit.
Ensuite pour éviter le chocolat, les petits bruns, j’ai pris le pari de ne plus en acheter, au début c’était un peu dur, mais maintenant c’est dans la norme !
Certes il y a encore des efforts, des ajustements à réaliser dans cette « ré-éducation alimentaire » … mais l’immense satisfaction de pouvoir remettre un jean non porté pendant prêt de deux ans, est telle que je propose à tous mes amis un peu enrobé de se décider à sauter le pas …!