Déclencher un changement des habitudes
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Manger gras trouble le cerveau » d’Arnaud Cocaul
La pédagogie a bien un effet primordial dans le changement des habitudes. Elle doit concrètement montrer comment les personnes peuvent remplacer l’excès de matière grasse.
Cet apprentissage est plus efficace qu’une explication de la régulation de la prise alimentaire,
En effet, comprendre la façon dont le cerveau régule la faim, la satiété, est importante. Mais cette connaissance se révèle insuffisante pour déclencher un changement dans les habitudes. J’y vois au moins trois raisons :
1/ Les habitudes culinaires sont le plus souvent transmises de génération en génération. Elles font donc partie de l’histoire familiale, des souvenirs.
Manger gras trouble le cerveau
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Manger gras entraîne des altérations des signaux de satiété et de faim au niveau du cerveau. Cela génère une dégradation des mécanismes de récompense habituellement ressentis en présence de nourriture. Il convient d’expliquer à nos patients que la prise alimentaire est finement régulée par notre cerveau. Celui-ci ajuste parfaitement nos ingestas en fonction des besoins énergétiques du corps. En mangeant très ou trop gras, on fournit davantage de triglycérides en post prandial (après le repas) ce qui pourrait altérer le système de satiété et de faim. Cela aurait également pour effet de dérègler le système de récompense entraînant des perturbations durables des apports énergétiques mais également de la dimension émotionnelle allouée à la prise d’aliments. Jusqu’à aller à un point de non retour pour certains. Le message du « manger moins gras » doit passer par des efforts de pédagogie.
Réapprenons à aimer le gras…
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Certains régimes tentent de bannir les corps gras. Leur crédo ? En dehors des zones de stockage qui nous protègent du froid hivernal, le gras n’a pas de fonction importante et nous dessert plus qu’il nous sert. Cette assertion est bien sûr fausse ! On mesure désormais l’importance de manger quotidiennement du gras afin, par exemple, d’ajuster finement la sécrétion hormonale et l’action de l’insuline (hormone hypoglycémiante fondamentale).
Une autre fonction des acides gras, récemment mis en évidence, est de communiquer avec des zones cérébrales. Ils jouent donc un rôle de molécule informative avec certains neurones et participent ainsi au maintien de l’équilibre énergétique et conséquemment du poids. Il s’agit d’un dialogue constant entre deux partenaires.
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