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Déclencher un changement des habitudes

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

En réaction à l’article « Manger gras trouble le cerveau » d’Arnaud Cocaul

cuisineLa pédagogie a bien un effet primordial dans le changement des habitudes. Elle doit concrètement montrer comment les personnes peuvent remplacer l’excès de matière grasse.
Cet apprentissage est plus efficace qu’une explication de la régulation de la prise alimentaire,

En effet, comprendre la façon dont le cerveau régule la faim, la satiété, est importante. Mais cette connaissance se révèle insuffisante pour déclencher un changement dans les habitudes. J’y vois au moins trois raisons :

1/ Les habitudes culinaires sont le plus souvent transmises de génération en génération. Elles font donc partie de l’histoire familiale, des souvenirs.

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Manger gras trouble le cerveau

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

urlManger gras entraîne des altérations des signaux de satiété et de faim au niveau du cerveau. Cela génère une dégradation des mécanismes de récompense habituellement ressentis en présence de nourriture. Il convient d’expliquer à nos patients que la prise alimentaire est finement régulée par notre cerveau. Celui-ci ajuste parfaitement nos ingestas en fonction des besoins énergétiques du corps. En mangeant très ou trop gras, on fournit davantage de triglycérides en post prandial (après le repas) ce qui pourrait altérer le système de satiété et de faim. Cela aurait également pour effet de dérègler le système de récompense entraînant des perturbations durables des apports énergétiques mais également de la dimension émotionnelle allouée à la prise d’aliments. Jusqu’à aller à un point de non retour pour certains. Le message du « manger moins gras » doit passer par des efforts de pédagogie.

Spécial journée de l’obésité : la ménopause fait grossir toutes les femmes, non ?

A l’occasion de la journée européenne de l’obésité (vendredi 23 mai), les professionnels du Think Tank ObésitéS apportent leurs réponses aux questions les plus souvent posées par leurs patients. Éclairage avec Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

C’est la ménopause qui m’a fait grossir. Cela fait grossir toutes les femmes de toutes façons, non ?

Le tissu adipeux est réparti différemment selon le sexe et évolue tout au long de la vie. Chez la femme, avant la ménopause, les graisses sont stockées préférentiellement dans le bas du corps (cuisses, fesses) : il s’agit d’une répartition gynoïde de la masse grasse. Associée à un moindre risque cardio-vasculaire, cette masse grasse est aussi la plus difficile à déloger. Les récepteurs situés dans ce tissu adipeux répondront moins facilement aux signaux envoyés par le cerveau lorsque le corps a besoin d’utiliser ses réserves de lipides pour produire de l’énergie.

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Manger universel

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

En réaction à l’article « Voltaire avait raison ! » d’Arnaud Cocaul

La diffusion d’un mode alimentaire à travers le monde a souvent comme corollaire l’adaptation des recettes au goût des autochtones. En effet, cela peut aboutir à des mets plus gras que dans le pays d’origine. Le meilleur exemple est très certainement la nourriture servie dans les restaurants chinois. Cela veut-il dire pour autant que chacun doit rester chez soi, sans s’ouvrir aux autres ?

Je ne le pense pas. Aller manger dans un restaurant japonais, mexicain ou autre ne sera pas le reflet exact de ce que l’on peut manger dans le pays. Cependant, cela peut donner envie de mieux connaître sa culture, son histoire et aussi, pourquoi pas, de se mettre aux fourneaux. Avec l’engouement pour la cuisine japonaise ont fleuri çà et là des cours pour apprendre à réaliser soi-même des sushis. Mercantile ? Sans doute. Néfaste ? Certainement pas. La culture s’enrichit par tous les sens.

Le sucre, mon ennemi pour la vie ?

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

SugarcubesLe débat revient régulièrement dans les médias : faut-il taxer le sucre ? Ainsi, le ministère de la Santé britannique envisage une taxe de 20% sur les boissons gazeuses sucrées afin d’agir positivement sur la santé des consommateurs.

Dans l’argumentaire des pro-taxes, l’abaissement prévisible de l’espérance de vie de la prochaine génération, forte consommatrice de ce type de boissons caloriques, est mis en avant. Mais les chiffres de l’UK Office for National Statistics (l’équivalent britannique de l’INSEE) stipule que l’espérance de vie à la naissance augmente chaque jour de 4h pour les femmes et de 6 pour les hommes. 1/3 des bébés britanniques nés en 2013 dépasseront le siècle. Le sucre devient aussi pire que le tabac et semble même déclencher plus de passions.

Il faut certainement freiner l’apport de sucres ajoutés dans les produits transformés mais ne pas maudire le sucre. Est-ce en taxant que l’on ira vers des comportements plus vertueux ? Le Danemark, qui avait introduit une taxe sur les aliments gras, y a renoncé car il y avait des contournements faciles et une absence de résultats probants sur la santé publique.

Au lieu de taxer, il faudrait agir via des sollicitations positives. Par exemple, donner des bons de réduction aux caisses sur les fruits et les légumes. Chacun serait content et les familles les plus modestes (les plus touchées par les obésités) pourraient assimiler ce message comme réellement éducatif.

Habitudes de vie, berceau des obésités ?

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

Une étude québécoise montrait que l’association d’un déficit de sommeil, de signes de restriction cognitive, d’apports calciques insuffisants entraînait un risque d’obésité 2 fois plus important que le fait de manger très gras ou de ne pas du tout faire d’effort physique intense. Bref, il faut peut-être aussi chercher ailleurs que dans l’assiette seulement, les raisons de l’épidémie d’obésité. Pourquoi pas dans le temps passé devant les écrans ? Or, celui-ci n’est pas non plus indépendant du déficit de sommeil. Il témoigne chez l’enfant d’un moins bon contrôle parental, de styles de vie ou de rythmes de vie moins satisfaisants (moins d’activité physique, pas de petit-déjeuner lors d’un lever tardif). Mais est-ce la télé, le manque de sommeil ou autre chose encore ? Par exemple, la perte de « l’autorité parentale » par manque de confiance des parents en leur capacité éducative, le manque du « non », l’effacement du père, ayant fait émerger l’enfant-roi, dans lequel tous les marchands s’engouffrent.

D’autres diront que ce sont les publicités alimentaires à la télé qui font manger. Je ne le crois pas : leur effet ne s’exerce que dans un terrain propice. Regardons toujours le terrain !

Réapprenons à aimer le gras…

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

Certains régimes tentent de bannir les corps gras. Leur crédo ? En dehors des zones de stockage qui nous protègent du froid hivernal, le gras n’a pas de fonction importante et nous dessert plus qu’il nous sert. Cette assertion est bien sûr fausse ! On mesure désormais l’importance de manger quotidiennement du gras afin, par exemple, d’ajuster finement la sécrétion hormonale et l’action de l’insuline (hormone hypoglycémiante fondamentale).

Une autre fonction des acides gras, récemment mis en évidence, est de communiquer avec des zones cérébrales. Ils jouent donc un rôle de molécule informative avec certains neurones et participent ainsi au maintien de l’équilibre énergétique et conséquemment du poids. Il s’agit d’un dialogue constant entre deux partenaires.
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