Obésité et pauvreté : les femmes en première ligne

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

L’obésité continue d’augmenter dans les classes les plus pauvres de notre société, principalement chez les femmes. Je ne prétends pas en décrypter toutes les causes, mais voici quelques pistes qui méritent d’être mises en exergue et explorées plus avant.

D’un point de vue nutritionnel, outre la méconnaissance des différentes familles d’aliments, de ce qu’elles peuvent apporter à l’organisme et de l’équilibre alimentaire, le choix d’aliments denses en énergie pour les plus défavorisés s’explique : Lorsque l’on a un petit budget à accorder à son alimentation, on va à l’essentiel : se rassasier, maintenir la satiété. Cela exclut d’emblée les aliments nutritionnellement intéressants que sont les légumes et les fruits, mais pauvres en énergie.

Mais il n’y a pas que cela : chaque classe socio-économique tend vers la classe supérieure. Au niveau des classes moyennes, cela se matérialise par l’achat de voitures, d’équipements technologiques dernier cri… Pour les classes les plus défavorisées, cela passe notamment par l’alimentation, par l’achat de produits transformés tels que biscuits, boissons sucrées… qui sont un moyen de se faire plaisir et de montrer que l’on peut se l’offrir.

L’obésité peut également s’installer par le manque d’activité physique. Or, si l’on exclut la marche, qui n’est pas nécessairement possible en fonction du quartier où l’on vit, pratiquer une activité physique, un sport, coûte de l’argent. Ce n’est donc pas accessible à tout le monde.

Enfin, la surcharge pondérale féminine, peut également, en fonction du milieu social, être considérée comme un signe de bonne santé, de fécondité, de maternité. C’est alors la minceur qui sera montrée du doigt.
Tous ces facteurs doivent être pris en compte à la fois dans la prévention et dans la prise en charge de l’obésité des populations les plus précaires.

Les réactions au post de Nathalie Négro

    • Pauvres et gros
      Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
    • Des paroles et des actes
      Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

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