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Obésité et pauvreté : les femmes en première ligne

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

urlL’obésité continue d’augmenter dans les classes les plus pauvres de notre société, principalement chez les femmes. Je ne prétends pas en décrypter toutes les causes, mais voici quelques pistes qui méritent d’être mises en exergue et explorées plus avant.

D’un point de vue nutritionnel, outre la méconnaissance des différentes familles d’aliments, de ce qu’elles peuvent apporter à l’organisme et de l’équilibre alimentaire, le choix d’aliments denses en énergie pour les plus défavorisés s’explique : Lorsque l’on a un petit budget à accorder à son alimentation, on va à l’essentiel : se rassasier, maintenir la satiété. Cela exclut d’emblée les aliments nutritionnellement intéressants que sont les légumes et les fruits, mais pauvres en énergie.

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Les messages simples et justes oubliés…

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

En réponse à l’article "Faut-il manger les fruits en dehors des repas ?" de Nathalie Négro

fruit-200469_640Manger des fruits en dehors des repas ou avant les repas, fait partie des mythes et des diktats faux et inutiles. On nous abreuve en permanence d’injonctions ou d’idées reçues qui veulent généraliser des préférences individuelles. De même on nous répète qu’il ne faut pas boire à table, qu’il faut manger moins le soir, qu’il faut bouger à jeun. Laissez-nous manger en paix. Pourquoi toujours proférer des messages sans intérêt alors que l’important est ailleurs. Ce qui compte c’est de manger des fruits, des fruits variés, de ne pas manger que des fruits, de manger de tout avec modération, de ne pas être sédentaire.

Tout ceci conduit à se détourner de l’essentiel et entretient la confusion. Les messages simples et justes sont oubliés, au profit des croyances.

Manger 5 fruits et légumes. Oui, mais pourquoi ?

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

En réponse à l’article « Faut-il manger les fruits en dehors des repas ? » de Nathalie Négro

800px-Légumes_et_fruits_au_marché_d'OrangeL’injonction : manger 5 fruits et légumes par jour est souvent mal comprise. Qu’est-ce que cela sous-tend ? Pourquoi faut-il en manger autant ?

Les discours discordants de certains médecins n’aident pas à la clarification. Ainsi Pierre Dukan, ex-médecin, a banni dans son programme Protal 1 les fruits. Cette exclusion tendait à faire croire qu’en n’en mangeant pas, on maigrissait. Elle sous-entendait donc que lorsqu’on en mangeait, on grossissait ! Le mal était fait ! Il a pénétré l’inconscient collectif de bon nombre d’entre nous.

Si les médecins ne sont pas d’accord entre eux, comment peut-on convaincre le quidam à manger des fruits et légumes ? Le PNNS version 1 prônait même une consommation de 10 fruits et légumes différents par jour soit 800 g. On est descendu à 400 g de fruits et légumes. On insiste sur le fait de varier au maximum afin de faire le plein en antioxydants, en fibres et en vitamines.

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« Mangez des pommes » : oui mais lesquelles ?

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

apples-143457_640La pomme française va mal. L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne produisent des pommes 30% moins chères qu’en France, quand ce n’est pas 60% moins chère pour la Pologne !

La faute à qui ? Sont invoquées la pression sur les prix (même prix qu’en 2011 soit 80 centimes le kilo), l’augmentation en parallèle des charges de 7% (taxes écologiques sur les produits phytosanitaires), l’augmentation du Smic, la baisse de l’exonération des charges. Mais surtout la faute à un système où les producteurs ne sont pas rassemblés, unis, fédérés (l’union fait la force) et les acheteurs pris en otage. On ne le sait pas mais le prix des fruits et légumes est fixé quotidiennement !

Les intermédiaires profitent de ces tergiversions pécuniaires. Qui sont les perdants ? : le producteur et le consommateur !

Alors, il faut défendre les fruits et légumes français et peut être y mettre un peu plus le prix, sous peine de les voir passer sous bannières et pesticides étrangers !

La beauté des laids

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

En réaction à l’article « Manger moche » de Catherine Grangeard

Catherine Grangeard a raison d’évoquer le sort des aliments dits moches qui ne répondent pas aux critères habituellement retenus et qui ont tendance à formater notre vision.

Intermarché a développé via l’agence de publicité Marcel, une campagne de promotion afin de montrer que les fruits et légumes moches pouvaient se manger et ne pas systématiquement finir dans les poubelles.

La sale tête des aliments ne les rend pas moins bon. Il est utile de le rappeler et peut être stimuler davantage ces initiatives. Pourquoi ne pas faire en sorte que ces laissés pour compte sur le champ esthétique soient vendus moins chers ? Cela doperait les ventes et fédérerait davantage de consommateurs à manger les fameux 5 fruits et légumes différents, même moches, par jour.

L’éternelle question : l’œuf ou la poule ?

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

En réaction à l’article « Manger moche » de Catherine Grangeard

tomato-299277_640Est-ce la demande des consommateurs qui a conduit à une uniformisation de l’offre ou l’offre qui a conduit à la suspicion dès qu’un fruit présente une tache, qu’un légume est difforme ou un œuf plus petit que les autres ? Toujours est-il qu’effectivement, les fruits et légumes des étals des supermarchés sont tous identiques.

Un producteur m’a un jour expliqué que les piqûres noires sur les pommes étaient synonymes d’un fruit très sucré, mais pas abîmé le moins du monde. Faute d’information, personne n’en veut. Alors ces fruits, excellents, sont bradés, à 80 centimes le kg. Au supermarché, le même fruit, mais sans tache et de saveur moindre, se vend de 2 € à 2.2 € le kg !

Alors tournons-nous vers les marchés, les petits producteurs et les cueillettes où la variété a le droit et le devoir de s’exprimer et le goût de s’épanouir.

Manger moche

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

fruit-200460_640Manger moche, c’est mieux !
Pourquoi la carotte devrait être présentable pour enrichir une soupe ? Pourquoi la pomme doit briller à peine tombée de l’arbre ? Pourquoi les apparences des fruits et légumes primeraient sur la qualité ? Ces questions méritent que l’on s’y attarde.

Les produits bio sont désavantagés à cet égard. Ainsi que les fruits et légumes mal calibrés, qui sont parfois jetés sans afficher la moindre imperfection. Alors les prix montent. Les consommateurs sont les grands perdants.

Pour aller dans le sens d’une nourriture de qualité, ces quelques questions sont à faire circuler le plus largement possible. Nous cherchons parfois midi à quatorze heures. Jeter des fruits et légumes alors qu’ils sont bons, alors que des personnes n’ont pas les moyens financiers d’en acheter… C’est un scandale, à tous les niveaux. Manger moche, pour lutter contre la stupidité !

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