Santé et poids, une confusion fréquente
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Un article paru sur le site www.elle.fr la semaine dernière vante les mérites d’une alimentation grasse dans le cadre du maintien ou de la perte de poids. Ces quelques lignes contiennent des éléments très intéressants mais aussi de nombreuses confusions, qui ne sont, par ailleurs, pas l’apanage de cet article. On confond souvent, y compris pour les messages du Programme National Nutrition Santé, santé et maîtrise du poids.
Réduire les produits d’origine animale au profit des aliments d’origine végétale n’a pas pour but de faciliter l’amaigrissement. Il en va de même pour le remplacement des graisses animales par des graisses végétales en cuisine et assaisonnement. Il s’agit uniquement de questions de santé. Les fruits et légumes contiennent, certes, de nombreux facteurs protecteurs. Les produits carnés en contiennent aussi bien sûr mais par leurs modes de cuisson, les excès d’apports en fer, en sel, etc. peuvent plus facilement accroître les risques d’apparition de maladies comme le cancer du côlon par exemple, ou encore des maladies cardio-vasculaires. Cela ne signifie pas qu’il faut les supprimer pour autant, mais les laisser à leur juste place.
Même si la tendance s’inverse actuellement, notamment dans les classes sociales les plus aisées, les populations occidentales ont trop augmenté leur consommation de produits carnés dans les années 1970-1980 au détriment des végétaux. Et comme tout excès, cela a des répercussions néfastes sur la santé, mais pas forcément sur le poids. Ce sont deux problèmes distincts. En revanche, trop les restreindre aboutit à une augmentation d’autres familles d’aliments (notamment les aliments glucidiques), ce qui ne sera pas meilleur pour la santé.
Quant aux matières grasses, elles sont indispensables pour le bon fonctionnement de l’organisme, que ce soit l’architecture cellulaire, le système hormonal… Mais elles ne se valent pas toutes. Il faut privilégier la diversité, parce qu’elles ne contiennent pas que des lipides. Elles sont également sources de vitamines (E pour les huiles, A et D pour les matières grasses animales), d’antioxydants pour les huiles vierges… Effectivement, longtemps le corps médical et paramédical a tiré à boulet rouge sur le cholestérol et a fustigé les matières grasses animales. Les connaissances évoluent et on sait aujourd’hui que tous les acides gras saturés ne se valent pas, que certains sont délétères (en excès) et d’autres non.
Mais encore une fois, tout cela n’a pas de lien avec le poids. Manger gras n’aidera pas à maigrir, de même que cela n’aboutit pas nécessairement à une prise de poids.
La surcharge pondérale est une maladie multifactorielle, on ne le répétera jamais assez. Réduire sa prise en charge à augmenter ou réduire un nutriment n’a pas de sens.




A reblogué ceci sur mk-bloget a ajouté:
Bon post de ma collègue Nathalie Negro; ça me rappelle les gens qui cherchent à maigrir en ajoutant un petit déjeuner et des collations… sans manger moins par ailleurs…