3 romans sur l’obésité !
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Quelle surprise ! Une page entière intitulée «Insoutenable pesanteur de la chair » dans le Monde des livres daté du 21 novembre. La journaliste Florence Bouchy écrit « qu’entre satire et tragédie, ils témoignent du rapport névrotique de nos sociétés à la nourriture ».
Je n’ai pas encore lu les romans. En revanche, j’ai lu de près cet article. C’est embêtant que le sous-titre de la page parle de névrose collective. Une façon d’attirer l’œil du lecteur, bien fausse. La névrose ne peut être qu’individuelle, ce sont des maux psychiques sans substrat anatomique décelable, liés au conflit intrapsychique entre des scénarios fantasmatiques inconscients et les défenses qu’ils suscitent.
Que l’obésité soit liée à une névrose, cela se peut. Que l’obésité soit un problème social, qu’un rapport fou à la nourriture soit induit, à la fois injonction à consommer par des publicités incessantes et injonction paradoxale à la minceur, c’est clair.
La suite de l’article… « Hors normes, l’obèse inquiète et dérange ». Peut-être… Mais pourquoi utiliser comme nom cet adjectif « obèse » si l’intention est de dé-stigmatiser ?
Il y a dans cet article une ambivalence qui est le reflet parfait de l’ambivalence sociale actuelle. Florence Bouchy montre des impasses, elle pointe fort bien « qu’exclure la nourriture de ses préoccupations laisse un vide immense ». « La difficulté de ses compatriotes à investir d’autres plaisirs apparaît subitement à la narratrice comme l’une des explications les plus plausibles à cette épidémie d’obésité ». C’est très intéressant de voir comment la journaliste présente son choix de ces 3 romans… C’est à lire !
Les 3 romans en question :
• Big Brother, Lionel Shriver, Ed Belfond
• La famille Middlestein, Jami Attenberg, Ed Les escales
• Les yeux plus gros que le ventre, Jô Soares, Folio policier



