Poids : une schizophrénie persistante
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Dans le 5-9 h de France Inter du 27 juillet 2014, un entretien sur les fesses m’a interpellé. Il reprenait un article de Marianne (juillet 2014).
Nous sommes confrontés à des marques essentiellement anglo-saxonnes prônant le XXXS (taille en dessous de 36) comme taille référente, surtout pour les jeunes filles pubères ou prépubères en pleine transformation corporelle. Nous sommes rendus à l’ère de l’anéantissement de toute forme, on se doit de renoncer à ses formes physiologiques si on veut être dans le coup. Cette négation de tout stockage de gras par une certaine industrie de l’habillement a toujours eu son succès (que l’on se rappelle des femmes porte manteaux voulues par Paco Rabanne ou des mannequins anorexiques défilant pour Karl Lagerfeld auto promu chantre nutritionnel depuis qu’il a perdu du poids conséquemment (n’y a-t-il pas un anneau gastrique qui traine ?). On se rend compte que ces agitateurs d’idées restent figés dans une conception éculée du corps : ils n’ont rien compris.
Les perturbateurs endocriniens : l’effet kiss cool
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste
On évoque régulièrement les perturbateurs endocriniens dans les médias sans trop bien savoir quoi en penser in fine si ce n’est que cela sent le soufre. On parle des pesticides, herbicides, fongicides, médicaments, phtalates, bisphénol A, polychloroéthylène etc. Leur effet est redoutable sur la santé, non par leur exposition aiguë mais leur exposition cumulée à l’échelle d’une vie. Ils sont aussi mis en cause dans leur probable génotoxicité et leur empreinte sur le développement fœtal in utero.
Le coût en dépenses de santé commence à être connu. Cela n’est pas une surprise : il est abyssal. On parle de 31 milliards d’€ par an en Europe dont 4 pour la France. Le rapport de l’Alliance pour la santé et l’environnement (ONG européenne) rendu public mercredi 18 juin a évalué le montant des soins engagés par 5 catégories de maladies (obésité, diabète, troubles autistiques et neurocomportementaux des enfants, cancers hormono-dépendants, infertilité et malformations génitales des garçons) Ces pathologies pèsent au total 82 milliards d’€ annuels en France (pour un total de 243 milliards).
La tête et les jambes
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le stress fait grossir par activation du système hypothalamo hypophyso surrénalien. Cet impact négatif sur le poids se fait indépendamment de toute prise alimentaire. Il est donc essentiel d’interroger toute personne demandeuse d’une perte de poids sur ses conditions de vie personnelles et professionnelles. Cela permet de saisir l’importance de son stress et la manière dont elle le gère (cela peut être par la voie alimentaire). Les techniques de relaxation font partie de l’arsenal thérapeutique (Taï Chi, Qi Gong, yoga, sophrologie etc.). Cette voie peut éviter le recours à des anxiolytiques pas forcément appropriés. La médecine occidentale a trop longtemps sous-estimé l’importance du psychisme et la nécessité de ne pas dissocier le corps de l’esprit. Des expériences conduites chez les singes bonobos (citées par Pascal Picq dans son livre Il était une fois la paléoanthropologie paru chez Odile Jacob) sont intéressantes de ce point de vue. Elles font état que les singes dominants maîtrisent mieux leur alimentation que les singes dominés.
Match nul entre les distributeurs et l’agroalimentaire
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le choix des consommateurs se réduit de plus en plus dans les grandes villes. Les petits commerces ne résistent pas à la mainmise des distributeurs comme Casino et Carrefour qui étendent leur toile. En effet, la création dans les villes de supermarchés de moins de 1000 m² est dispensée d’autorisations administratives. Le groupe Casino occupe une place prépondérante avec 60% du marché et 20% pour Carrefour City/Market. Moins il y a de choix, plus le prix est laissé au libre-arbitre. Le consommateur risque de payer le prix fort au moment de passer à la caisse. On ne le répétera jamais assez, la lutte contre le surpoids et les obésités passe par l’amélioration des conditions sociales et économiques.
« Mangez des pommes » : oui mais lesquelles ?
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
La pomme française va mal. L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne produisent des pommes 30% moins chères qu’en France, quand ce n’est pas 60% moins chère pour la Pologne !
La faute à qui ? Sont invoquées la pression sur les prix (même prix qu’en 2011 soit 80 centimes le kilo), l’augmentation en parallèle des charges de 7% (taxes écologiques sur les produits phytosanitaires), l’augmentation du Smic, la baisse de l’exonération des charges. Mais surtout la faute à un système où les producteurs ne sont pas rassemblés, unis, fédérés (l’union fait la force) et les acheteurs pris en otage. On ne le sait pas mais le prix des fruits et légumes est fixé quotidiennement !
Les intermédiaires profitent de ces tergiversions pécuniaires. Qui sont les perdants ? : le producteur et le consommateur !
Alors, il faut défendre les fruits et légumes français et peut être y mettre un peu plus le prix, sous peine de les voir passer sous bannières et pesticides étrangers !
Forums et fausses rumeurs
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Le besoin d’échanger est présent dès la naissance. La vie en dépend tout comme sa qualité. Les sourires des nourrissons en sont de magnifiques témoignages.
Un moyen d’être relié les uns aux autres s’offre aux humains de notre époque grâce au clavier. Face à cet écran, qui n’est plus celui de Nougaro, « l’écran noir de mes nuits blanches », chacun peut être actif. Ce sentiment fait du bien. Même seul, même mal dans sa peau, il est possible de faire part de ses cogitations à tout moment. Partager est un plaisir en soi. En partant de soi, de sa vérité, chacun peut en faire autre chose qu’un élément individuel. D’autres s’y reconnaissent et cela devient donc collectif.
Dans le même temps, les spécialistes affirment tout et son contraire. « Tout et son contraire » est même la rubrique d’une radio très écoutée. Des études se succèdent et semblent démontrer l’inverse. A qui accorder sa confiance ?
TOC, blogs et toubibs
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Depuis le début des années 2000, des communautés en ligne traitant des troubles du comportement alimentaire comme la boulimie et l’anorexie sont apparues sur la toile. Le contenu des sites est régulièrement disséqué. Il fait l’objet d’une soixantaine d’études publiées rédigées la plupart du temps par des médecins.
Un rapport « les jeunes et le web des troubles du comportement alimentaire » disponible sur anamia.fr (contraction de l’anorexie et de la boulimie dans le langage Internet) aboutit à la conclusion qu’Internet peut être utile dans la lutte contre les troubles du comportement alimentaire. On pouvait craindre l’inverse et penser que les sites faisant l’apologie des troubles comme l’anorexie, fleurissaient.
Selon l’étude Anamia, 559 sites ont été répertoriés en 2010 et 593 en 2012 (+ 34 sur 2 ans). Il s’agit d’une fourchette basse ne prenant pas en compte les réseaux communautaires comme Facebook.









