Idéal minceur : quand on confond bonheur et minceur…
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.
En réaction à l’article « le plaisir de franchir les interdits dans l’obésité » de Catherine Grangeard.
Catherine Grangeard nous parle de l’exigence de beauté imposée par nos sociétés et auquel plus que d’autres, les personnes obèses sont soumises ou dont elles sont victimes. Elle va de pair avec ce que l’on appelle l’idéal minceur où l’on confond bonheur et minceur, ou avec cette confusion entre beauté extérieure qui n’est que l’apparence de la beauté et la beauté intérieure tellement bien reflétée par le regard… un regard de bonté. Notre société ne serait-elle pas malade de confondre beauté et bonté ?! Artifice et vérité.
Comme l’écrivait récemment dans une chronique le père Pascal Ide, médecin, philosophe et théologien, nous avons à nous réconcilier vis-à-vis du corps. Or il est devenu un objet de consommation. Je prends, je consomme et je jette si je juge qu’il ne sert plus, qu’il n’est plus digne de considération, de rentabilité, d’intérêt. Ce jugement vient d’ailleurs en grande partie du regard des autres, ou de l’idée que j’en ai. Cachez moi ce gros corps, ou cette méchante ride, que je ne saurais voir ! A force d’aduler le corps, on finit par le mépriser, ou de mépriser celui des autres. Alors toutes les transgressions sont possibles.
Les personnes qui sont contentes de leur poids…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
J’ai envie de poser le problème de l’excès de poids, à l’envers, pour une fois. Que font les personnes qui n’ont pas de problèmes avec leur poids ?
En termes d’alimentation, elles ne pensent pas qu’à ça ! Ni qualitativement sous un angle diététique, ni d’une manière obsessionnelle, quantitativement… L’IMC n’est que le cadet de leurs soucis. Ce n’est pas l’étalon du bonheur. Autrement dit, le poids des normes est plus léger pour elles.
Elles ne sont pas non plus centrées sur leur activité sportive. Elles savent bien que l’on ne peut pas bien vivre immobile, sans pour autant en être polluées.
En plus, elles ne divisent pas leur existence entre soma ou psyché. La tête sur les épaules, elles ont ressenti que certains jours, elles ont plus envie de ceci ou cela… et puis ce n’est pas un drame. Elles savent que derrière, il se cache quelque chose et c’est de ce côté qu’elles s’attardent pour chercher ce qui se passe, comment dépasser les impasses, etc.
Elles sont humaines, elles admettent donc qu’il faut faire avec la réalité, à tous les niveaux. Et, elles y arrivent !
Elles ne cherchent pas des gourous, des recettes infaillibles, des causes uniques… Elles ne sont pas forcément plus heureuses, non plus !
Ici, faut-il le souligner ?









