L’éternelle question : l’œuf ou la poule ?
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Manger moche » de Catherine Grangeard
Est-ce la demande des consommateurs qui a conduit à une uniformisation de l’offre ou l’offre qui a conduit à la suspicion dès qu’un fruit présente une tache, qu’un légume est difforme ou un œuf plus petit que les autres ? Toujours est-il qu’effectivement, les fruits et légumes des étals des supermarchés sont tous identiques.
Un producteur m’a un jour expliqué que les piqûres noires sur les pommes étaient synonymes d’un fruit très sucré, mais pas abîmé le moins du monde. Faute d’information, personne n’en veut. Alors ces fruits, excellents, sont bradés, à 80 centimes le kg. Au supermarché, le même fruit, mais sans tache et de saveur moindre, se vend de 2 € à 2.2 € le kg !
Alors tournons-nous vers les marchés, les petits producteurs et les cueillettes où la variété a le droit et le devoir de s’exprimer et le goût de s’épanouir.
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Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Des couleurs pour bien se nourrir » de Jean-Michel Lecerf
Le rapport Hercberg propose plusieurs pistes de travail pour améliorer la prévention nutritionnelle pour la population générale. Je suis en parfait accord avec celles sur l’eau, la qualité des produits proposés dans les distributeurs ou encore la publicité. Mais d’autres me laissent dubitatives.
A l’instar de Jean-Michel Lecerf, je ne suis pas d’accord avec la mise en place de l’échelle de couleurs pour informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments. Certes, ce système peut inciter les industriels à améliorer la qualité de leurs produits afin de ne plus être classés dans le rouge ou le rose. Toutefois, pour le mangeur, c’est culpabilisant.
L’achat d’aliments étiquetés orange, rose ou rouge ne pourra que s’accompagner de l’arrière-pensée suivante : « je mange cet aliment mais je ne devrais pas. C’est mauvais pour moi ». Qu’on le veuille ou non, la couleur rouge est associée à l’interdit, l’orange au danger et la verte à l’autorisé.
En tant que professionnelles de la nutrition, mon équipe et moi nous battons au quotidien contre les ravages de la restriction cognitive. Et cette idée de signalétique ne peut que la favoriser.
Quant aux produits fabriqués de manière artisanale, ils sont exclus du dispositif. À ma connaissance, ils ne sont pourtant pas nécessairement de meilleure qualité nutritionnelle.









