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Spécial journée de l’obésité : la ménopause fait grossir toutes les femmes, non ?

A l’occasion de la journée européenne de l’obésité (vendredi 23 mai), les professionnels du Think Tank ObésitéS apportent leurs réponses aux questions les plus souvent posées par leurs patients. Éclairage avec Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

C’est la ménopause qui m’a fait grossir. Cela fait grossir toutes les femmes de toutes façons, non ?

Le tissu adipeux est réparti différemment selon le sexe et évolue tout au long de la vie. Chez la femme, avant la ménopause, les graisses sont stockées préférentiellement dans le bas du corps (cuisses, fesses) : il s’agit d’une répartition gynoïde de la masse grasse. Associée à un moindre risque cardio-vasculaire, cette masse grasse est aussi la plus difficile à déloger. Les récepteurs situés dans ce tissu adipeux répondront moins facilement aux signaux envoyés par le cerveau lorsque le corps a besoin d’utiliser ses réserves de lipides pour produire de l’énergie.

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Cercle infernal Dépression/obésité

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

2305701220_0fc3d01183_zEst-ce l’obésité qui mène à la dépression ? Ou l’inverse, la dépression conduit-elle à l’obésité ? Une étude de l’Université de Rutgers (New Jersey) menée par Naomi Marmorstein, professeure de psychologie, vient cette semaine boucler un débat récurrent. La cohorte de 1500 filles, de 11 à 24 ans, révèle que… les deux sont possibles.

On observe souvent qu’être « mal dans son corps » induit un rapport à soi compliqué. Surtout chez les filles. Les diktats sociaux au regard du corps sont plus écrasants pour elles que pour les adolescents garçons. Les libérer de l’injonction (tacite ou pas) de plaire les rendrait plus tolérantes à l’égard de leur poids, toujours considéré comme excessif. Nous en avons déjà parlé ici même…

Et, à l’inverse, la jeune personne déprimée, pas seulement dans les termes des psychiatres, mais celle qui se sent « mal dans sa tête » en compensant par ces petits plaisirs offerts par la nourriture en dehors de la stricte faim, se voit prendre des kilos. Ce qui la déprime encore un peu plus. Et c’est le cercle vicieux, infernal, qui s’empare d’elle.

Cette étude a le mérite d’attirer l’attention de tous les professionnels de l’adolescence, et pas uniquement ceux de la santé, sur la complexité des prises de poids.

Sexualité, en parler simplement et naturellement

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

coeur plageLa sexualité est un sujet méritant beaucoup de délicatesse et de tact. En consultation les patients avec lesquels une relation de confiance a été établie en parlent, et ils sont heureux d’être écoutés. Le drame est de chosifier la relation sexuelle comme une technique ou une « fonction plaisir » isolée de son sens. En parler simplement et naturellement apaise déjà beaucoup et dédramatise des difficultés qui sont souvent psychologiques ou traduisent un problème de couple.

La personne obèse est, avant tout, une personne comme les autres. Mais, elle est culpabilisée par son gros corps, habitée par une mésestime de soi. Elle pense qu’elle ne peut avoir droit à une sexualité normale. Les femmes sont « cruelles » envers elles-mêmes ; les hommes finissent par croire qu’ils ne peuvent plus avoir de vie sexuelle. Dans les deux cas, il faut leur redonner confiance en eux.

Mais il ne faut pas oublier que l’image de la sexualité a pu être définitivement dégradée chez des femmes dont l’obésité a commencé après un viol ou un inceste, un avortement ou un acharnement procréatique. Soulever le voile peut être un début de libération mais, souvent, les dégâts sont définitifs. Quant au terrorisme anti gros, il s’exprime parfois dans les couples quand le mari fait pression sur sa femme pour qu’elle maigrisse sous peine de ne plus être désirable. Dans ce cas, occupons-nous aussi des conjoints pour aider nos patients !

L’évolution du poids et l’avancée en âge

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains

« C’est venu progressivement, avec l’âge » ; « j’avais bien stabilisé, et puis, j’ai été ménopausée »… sont autant de réponses récurrentes lorsque l’on s’enquiert de l’origine de prise de poids de nos patients. Alors, mythe ou réalité ? Si l’on se fie aux courbes de corpulence, on observe les tendances suivantes : pour l’homme, une fois passée le rebond d’adiposité, vers l’âge de 6-8 ans, le poids ne fait que croître, jusqu’à 65 ans : il se stabilise alors, pour repartir à la baisse à partir de 75 ans.

Chez la femme, c’est un peu différent : une fois la croissance terminée, le poids se stabilise jusqu’à 30 ans environ. Il suit ensuite une courbe ascendante, avec une accélération vers 50 ans, puis se stabilise vers 65 ans, pour décroître également à partir de 75 ans.

Ce sont bien évidemment des courbes statistiques, utilisées pour étudier une population : à l’échelle de l’individu, on observe des différences très importantes de l’un à l’autre.

Alors que se passe-t-il ? Entre l’âge de 20 et 80 ans, l’être humain perd environ 40% de sa masse maigre (ossature, musculature) : c’est une moyenne, ce qui signifie que certains perdent beaucoup moins, et d’autres plus. Pourquoi ? Les facteurs sont multiples : Lire la Suite…

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