Ministère des droits des femmes et du Sport… et Obésité
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité
En réaction à l’article « Lien mère/enfant sur l’activité physique » de Gautier Zunquin
Mais qu’est-ce qui les fait courir, sauter, aimer ça ? Qu’est-ce qui fait que certains enfants aiment pratiquer des activités physiques ? Ce n’est certainement pas parce que c’est bon pour leur santé… Est-ce parce que cela les amuse ? Avec qui y prennent-ils plaisir ? Cela est-il valorisé ? Voici quelques exemples de questions déterminantes. Si dans la famille et si dans certains groupes culturels, les fillettes, à partir de la puberté doivent faire attention à ne pas fréquenter des garçons, cela n’aide pas aux activités physiques qui sont alors encouragées pour les seuls garçons…
Si le temps du sport, c’est considéré comme du temps perdu pour d’autres activités plus importantes, ou « réservé » à ceux qui n’ont pas les moyens intellectuels pour d’autres occupations plus importantes, alors seuls les moins doués s’y inscriront…
On ne peut pas parler de sport, pas encourager les jeunes à se dépenser, sans envisager en amont les représentations sociales de ces pratiques. La façon dont les activités sportives sont présentées conditionne l’adhésion ou le rejet.
Si de nouvelles injonctions à l’égard du sport se produisaient, la culpabilisation serait encore aggravante pour celles et ceux qui ne sont pas dans des pratiques que la société va recommander. Nous ne pouvons ignorer que sur de bonnes intentions se construisent des enfers.
Le tout récent regroupement dans un seul ministère des Droits des Femmes et du Sport pointe un aspect de la question que nous constatons en banlieue. C’est très intéressant ! C’est même LE centre de la question pour de très nombreuses adolescentes.




Il est vrai que dans certains milieux le sport n’est pas reconnu du tout.
Qu’un enfant soit nul en sport mais bon dans les autres matières: ok tout va bien. On garde à l’esprit le cliché du sportif bête….
Toutefois cette représentation à beaucoup changé il me semble.
Les canaux de communications de masse, et en particulier cinéma et séries TV, montrent désormais tous leurs « héros » comme pratiquant assidûment le jogging, la marche, le yoga etc… Ils se lèvent à 5h pour passer 1 u 2 heures à la salle de gym avant d’attaquer une journée de travail de 12h minimum… Quand dorment-ils???
Comme vous le dites attention à ne pas en faire trop et donc à produire l’effet inverse, ie. Culpabiliser les gens!
« Un esprit sain dans un corps sains » oui bien sur, mais cela est-il si évident?
Tout à fait ! comment trouver le temps pour répondre à cette nouvelle injonction. Pour certains c’est tout simplement impossible ! Après les heures de transport, puis celles de travail, puis retour en transport, puis s’occuper quand même un peu des enfants… Chaque personne est unique ! Ses soucis aussi. Les injonctions sont néfastes, attention de ne pas remplacer les gourous des régimes par les coachs sportifs ! Qu’y gagneront les personnes ?
En revanche le bon sens est à remettre en selle. Bouger plus ! Manger mieux…