La France est déprimée
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Aux questions que posent Arnaud Cocaul : « Pourquoi les parents préfèrent-ils mettre les enfants devant la télé plutôt que de s’en occuper ? Pourquoi suivre les conseils de stars de l’écran plutôt que ceux de spécialistes médicaux ? », je répondrai par une autre question : « Qu’y a-t-il de plus attirant pour les gens d’aujourd’hui ? »
Le principe de réalité se fait déborder par celui de plaisir sur tous les terrains. On constate que le monde est plus bipolaire que jamais. La réflexion, l’argumentation, le recul et la distanciation, tout cela exige du temps. Mais celui-ci semble compté. La planète est dite en danger…
Une totale perte de repères accentue le vertige. Et de citer les médecins qui ont failli comme ceux qui ont fait les terribles expérimentations dans les camps nazis. Et les trahisons des hommes politiques, les compromissions pour richesse et gloire… Nous évoluons au jour le jour et ce ne sont plus les chaînes d’information en continu ni les radios qui comptent. C’est ce qui fait le buzz sur internet à toute allure.
Écrans plats, ventres ronds
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Dis-moi si tu manges devant la TV, je te dirai si tu vas grossir ! Une enquête hallucinante de TNS Sofres de 2013 (commandée par le Syndicat français des aliments de l’enfance) nous apprend que 29% des enfants de moins de 3 ans mangent devant un écran. Les parents en situation de grande précarité ont été écartés de l’étude. Cela touche même les bébés de 15 jours à 3 mois : 15% d’entre eux sont nourris devant un dérivatif comme un écran TV ou tablette ou ordinateur. Notre société zapping où les images supplantent la discussion, où le temps accordé à la parole se restreint au profit d’activités passives, crée une génération d’écrans plats et de ventres ronds.
On assiste à des consultations où les parents inquiets amènent leurs enfants un peu ronds ou franchement trop ronds afin que le nutritionniste ou la diététicienne prescrive « le régime », véritable panacée universelle, seul susceptible de guérir leur progéniture.
La familiarité avec les logos des restaurants Fast-Food, des sodas et autres produits alimentaires qui diffusent leurs messages à la télé aurait une influence capitale sur l’obésité ultérieure des enfants. L’influence mesurée dépasse même celle due à la sédentarité.








