Forums et fausses rumeurs
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Le besoin d’échanger est présent dès la naissance. La vie en dépend tout comme sa qualité. Les sourires des nourrissons en sont de magnifiques témoignages.
Un moyen d’être relié les uns aux autres s’offre aux humains de notre époque grâce au clavier. Face à cet écran, qui n’est plus celui de Nougaro, « l’écran noir de mes nuits blanches », chacun peut être actif. Ce sentiment fait du bien. Même seul, même mal dans sa peau, il est possible de faire part de ses cogitations à tout moment. Partager est un plaisir en soi. En partant de soi, de sa vérité, chacun peut en faire autre chose qu’un élément individuel. D’autres s’y reconnaissent et cela devient donc collectif.
Dans le même temps, les spécialistes affirment tout et son contraire. « Tout et son contraire » est même la rubrique d’une radio très écoutée. Des études se succèdent et semblent démontrer l’inverse. A qui accorder sa confiance ?
Ce parallèle enracine une perplexité dérangeante, source d’insécurité. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » : cette pensée de Pascal n’est pas une nouveauté. Ce qui est différent, c’est que les élites ne sont plus en odeur de sainteté. Il y a peu, un grand sondage révélait l’ampleur des dégâts (résultats de « Fractures françaises », 2e vague d’une enquête annuelle IPSOS-Steria, parus dans Le Monde le mercredi 22 janvier 2014.).
Le lit des fausses rumeurs est donc fait.


