Réapprenons à aimer le gras…

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

Certains régimes tentent de bannir les corps gras. Leur crédo ? En dehors des zones de stockage qui nous protègent du froid hivernal, le gras n’a pas de fonction importante et nous dessert plus qu’il nous sert. Cette assertion est bien sûr fausse ! On mesure désormais l’importance de manger quotidiennement du gras afin, par exemple, d’ajuster finement la sécrétion hormonale et l’action de l’insuline (hormone hypoglycémiante fondamentale).

Une autre fonction des acides gras, récemment mis en évidence, est de communiquer avec des zones cérébrales. Ils jouent donc un rôle de molécule informative avec certains neurones et participent ainsi au maintien de l’équilibre énergétique et conséquemment du poids. Il s’agit d’un dialogue constant entre deux partenaires.

Le cerveau est maintenu en permanence au courant de l’état de nos réserves énergétiques. La conversation se fait dans les deux sens, les acides gras libres vont jusqu’à ajuster notre comportement alimentaire aux besoins du corps. L’hypothalamus est la zone centrale qui relaie l’action des acides gras. On peut penser qu’une perturbation centrale cérébrale de la détection des acides gras peut contribuer à désajuster le contrôle nerveux du bilan d’énergie et déclencher des perturbations métaboliques comme le diabète type 2 et l’obésité.

Il existe des variations circadiennes (sur 24h) de détection cérébrale des taux d’acides gras libres, ce qui régule finement la dispensation d’énergie à l’ensemble du corps. On a mis en évidence au niveau hypothalamique des sous-populations neuronales excitées ou inhibées par les acides gras libres (AGL) ; ils participent à cette régulation énergétique, maintenant un équilibre constant.

Des neurones hypothalamiques sont spécialisés dans la détection des nutriments, entre autres les lipides et ils prennent en compte les variations quotidiennes de concentration de ces nutriments. On pense même qu’un abus en graisses pourrait altérer le système nerveux central. Il irait jusqu’à une détérioration du contrôle nerveux du bilan d’énergie, pouvant induire une prise de poids par perte du contrôle pondéral.

Il est donc est aberrant d’interdire les matières grasses dans les régimes car notre cerveau est constamment prévenu de l’arrivée des nutriments. Il s’adapte en temps réel dans un sens positif ou négatif, en favorisant le stockage ou l’élimination de l’excédent énergétique. Tous les mangeurs doivent prendre conscience qu’il faut manger de tout, car notre cerveau nous permet de nous ajuster parfaitement. C’est la société qui nous désajuste et surtout les régimes. La complexité du cerveau témoigne de son côté merveilleux et que tout cela est sacrément bien pensé.

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