Manger universel
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Voltaire avait raison ! » d’Arnaud Cocaul
La diffusion d’un mode alimentaire à travers le monde a souvent comme corollaire l’adaptation des recettes au goût des autochtones. En effet, cela peut aboutir à des mets plus gras que dans le pays d’origine. Le meilleur exemple est très certainement la nourriture servie dans les restaurants chinois. Cela veut-il dire pour autant que chacun doit rester chez soi, sans s’ouvrir aux autres ?
Je ne le pense pas. Aller manger dans un restaurant japonais, mexicain ou autre ne sera pas le reflet exact de ce que l’on peut manger dans le pays. Cependant, cela peut donner envie de mieux connaître sa culture, son histoire et aussi, pourquoi pas, de se mettre aux fourneaux. Avec l’engouement pour la cuisine japonaise ont fleuri çà et là des cours pour apprendre à réaliser soi-même des sushis. Mercantile ? Sans doute. Néfaste ? Certainement pas. La culture s’enrichit par tous les sens.
Quand les taxes reviennent à l’assaut
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « L’obésité coûte cher » de Jean-Michel Lecerf
Le rapport sur la politique de prévention nutritionnelle prévoit un système de taxes et de subventions comme moyen d’incitation à l’achat, notamment de fruits et légumes. Cela peut peut-être avoir un impact positif à court terme. Mais, à aucun moment le problème de l’éveil au goût des enfants par les parents n’est évoqué. Cette question n’est abordée que par le biais des ateliers périscolaires. Cela pose au moins deux problèmes.
Tout d’abord, la réforme des rythmes scolaires n’est obligatoire que pour les établissements publics : il est laissé à l’initiative des établissements privés de la mettre en place ou non. 20% des élèves ne seront donc potentiellement pas touchés par cette proposition.
Ensuite, je pense qu’il est du ressort des familles, et non de l’école, d’éveiller les enfants aux différentes saveurs. Cependant, dès la sortie de la maternité, les jeunes parents sont confrontés à une cacophonie concernant la façon de nourrir leur enfant. Lorsque, vers 2 ou 3 ans, celui-ci refusera les légumes ou autres mets préparés avec tendresse, ils se retrouveront désemparés. Certains, las de se battre, adopteront la solution de facilité. A la place des légumes ou des fruits honnis, ils présenteront à l’enfant ce qu’il mange volontiers, biscuits, laitages aromatisés… et peu importe les taxes. Développer la présence de diététiciens dans les services de protection maternelle infantile (PMI) et les maternités toucherait toutes les populations et pourrait améliorer cet état de fait.
La découverte très récente par des généticiens - dont Philippe Froguel de l’Institut Pasteur de Lille - d’une interaction génétique/alimentation est une avancée très importante.








