L’obésité dans le monde : mêmes résultats mais évolution différente…
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « L’obésité se développe partout dans le monde » d’Arnaud Cocaul
De nombreux journaux ont titré cette dernière semaine sur l’état de l’épidémie d’obésité dans le monde, suite à une étude parue dans The Lancet le 29 mai dernier (Global, Régional and national prevalence of overweight and obesity in children and adults during 1980-2013 : a systematic analysis for The global Burden of Disease Study 2013).
Allons un peu plus loin.
L’OMS a classé l’obésité comme 5ème facteur de décès dans le monde. A l’heure actuelle, 65 % de la population mondiale habite dans des pays où le surpoids et l’obésité tuent plus de gens que l’insuffisance pondérale.
Elle ne touche plus seulement les pays riches mais également les pays émergents et en développement, qui modifient peu à peu leur mode de vie (plus de choix et occidentalisation de l’alimentation, sédentarisation…). C’est le cas par exemple des pays du Moyen-Orient, qui connaissent simultanément une explosion du nombre de cas d’obésité et de diabète, tant chez les hommes que chez les femmes.
L’obésité se développe partout dans le monde
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste
Les chiffres de l’étude parue dans The Lancet interpellent. La pandémie d’obésité touche tous les pays du monde. Elle est particulièrement concentrée dans quelques pays comme les Etats Unis, la Russie, la Chine, l’Egypte, l’Allemagne, le Mexique. Les pays du Golfe sont particulièrement concernés par l’obésité des femmes.
On observe que l’obésité massive se développe spécialement chez les femmes. On note aussi que les catégories sociales défavorisées sont plus touchées dans les pays riches et que les pays émergents recrutent rapidement des obèses. Les obésités sont donc plurielles mais en relation directe avec nos modes de vie. Les conséquences économiques et médicales vont être désastreuses. Nous devons oeuvrer collectivement (médecins, diététiciens, psychologues, politiques, anthropologues, sociologues, économistes, géopoliticiens) : les obésités sont l’affaire de tous et les réponses sont donc plurielles.
Le plaisir de franchir les interdits dans l’obésité
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
La transgression reste une liberté dans un monde qui écrase les corps et les esprits de contraintes. L’idéal à atteindre est toujours plus exigeant. Atteindre un idéal physiquement est devenu une responsabilité individuelle. Tant que la beauté est un don de la nature ou de Dieu, l’entretenir peut être la contrepartie de cette richesse. Cela ne concerne que quelques élus…
Lorsqu’elle devient accessible au plus grand nombre, elle se mérite alors. Il faut s’y atteler, cela devient un travail, un investissement personnel, un devoir individuel. Si on ne l’atteint pas, cela ressemble à une faute morale.
Le lien entre obésité et pauvreté n’est pas si simple que cela. Il faut d’abord distinguer grande pauvreté et faibles revenus. Dans le premier cas, le risque principal est plutôt la sous-nutrition que la suralimentation. Dans le second cas, le gradient d’obésité est inverse aux revenus. Mais la relation est linéaire, il n’y a pas de seuil. Au plus le revenu baisse, au plus la prévalence d’obésité est forte. C’est d’ailleurs un des facteurs prédictifs d’obésité les plus puissants.








