Obésités : responsabilité de la société ou de l’individu?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Obésités, qui est responsable ? La société ou l’individu ?
D’un côté, les tenants de la responsabilité sociale. Pour eux, la société est responsable des sollicitations qui dépassent les possibilités de résistance de l’individu. Pour preuves, certaines études attestent d’une prise de poids significative des jeunes lorsqu’un Mc Do ouvre dans le secteur.
De l’autre, les tenants de la responsabilité individuelle répondent que si on ne veut pas franchir la porte de cet établissement, rien ni personne n’y oblige. A l’inverse, s’il n’y pas techniquement de possibilités de s’y rendre, parce qu’il n’en n’existe pas, le problème est réglé sans s’être posé ! Lapalissade. Ne pas tenter le diable reste une bonne politique.
Une condition nécessaire devient une condition indispensable, chuchotent d’autres. Evidence. Ainsi se poursuivrait le dialogue – qui ne manquerait pas de s’envenimer.
Peut-on réconcilier les deux camps ? Leurs arguments se justifient. Car, ils reposent sur des socles qui dépassent de loin le seul sujet abordé… comme toujours. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de les départager. Et il est impossible de ne pas en tenir compte pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette question.
Il est alors question d’idéologie.



La responsabilité est une fausse question, car elle renvoie à la culpabilité. Est ce vraiment en posant la question : c’est la faute à qui ? que l’on va avancer ? Par contre, ne pas négliger les déterminants sociaux à côté des déterminants individuels et des des déterminants physiologiques est important.