Archives de tags | culpabilité

Pourquoi vous êtes-vous laissé aller ?

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

PhotookUne des réactions les plus courantes face à une personne obèse est de dire ou de penser « mais pourquoi vous êtes-vous laissé aller ? ». Ce qui sous-entend : quelle négligence ! Ce jugement, car il s’agit d’un jugement, au mieux est la marque d’une ignorance, au pire d’un manque de bienveillance.

Il est toujours saisissant lorsque l’on est clinicien d’écouter un obèse raconter son histoire. On est frappé par le fait que chaque parcours est différent avec une succession d’événements, facteurs de déclenchement ou d’aggravation ; et à la fois par le fait que les parcours se ressemblent : régimes, reproches, culpabilité, dépression, cassures, blessures et ruptures, troubles du comportement.

Lire la Suite…

Le printemps des régimes

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAprès les régimes détox d’après-fêtes arrive le printemps et son cortège de dossiers minceur. Lire la Suite…

Jeunes en danger, attention !

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

Computadoras_y_ObesidadUne nouvelle étude provoque une stupeur : « à 15 ans, près de 21% des filles et près de 9% des garçons ont déjà tenté de se suicider » (premiers résultats d’une enquête épidémiologique menée conjointement par la faculté de médecine et l’Institut universitaire de santé public de Poitiers et l’Observatoire régional de la santé d’Alsace, juin 2012.)

Le rapport ANSES (novembre 2010), dirigé par Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, montrait que 47% des jeunes filles désiraient peser moins. Entre les 18 % des jeunes en surpoids (chiffres InVS 2006) et ces 47 % qui ont le sentiment d’avoir à perdre du poids, la disproportion est flagrante… et source de réflexions. Lire la Suite…

L’obèse, un être altéré

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

obesesCroire que l’on souhaite devenir gros est, à mon sens, absolument faux. Les obèses souffrent de leur obésité et pour le moment, je n’ai pas rencontré d’obèses heureux (je ne les vois sûrement pas car ils ne fréquentent pas les cabinets médicaux).

A l’aube de ce 21ème siècle, on doit prendre en compte la difficulté à maintenir un poids constant au fil de sa vie. C’est quasiment mission impossible même s’il y a des exceptions. Prendre du poids ne reflète pas une personnalité molle sans volonté paresseuse. Les individus doivent se retrouver dans ce grand écart entre la promotion alimentaire constante, ses tentations et la mode calibrée pour des tailles 36 à 40. Cet exercice d’équilibriste est plus difficile pour certains d’entre nous. Nous naissons peut-être libres et égaux mais nous ne le sommes pas en terme pondéral tout comme en terme de santé globale.

Lire la Suite…

Peut-on être responsable de la survenue d’une maladie ?

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains

consultation dietetique2_Thermes_BrideslesBains©S.KempinaireL’article paru dans Appetite et relayé par santelog le 25 janvier dernier concernant la responsabilité individuelle face à l’obésité me laisse perplexe.

Cette étude suggère qu’à l’heure actuelle, la majorité des Américains (94%) tient pour responsable chaque individu de sa prise de poids. L’OMS a pourtant reconnu l’obésité comme maladie en 1998. Peut-on être responsable de la survenue d’une maladie ? Certes, on peut augmenter les risques de la voir apparaître et les choix alimentaires peuvent à ce titre jouer un rôle.

Mais c’est oublier que l’obésité, les obésités en réalité, sont plurifactorielles et qu’il n’y a pas que l’alimentation en cause. Des facteurs génétiques, des paramètres métaboliques, la sédentarité, la qualité du sommeil, l’environnement urbain, certains polluants, l’état psychologique, le stress interviennent également… et la liste est loin d’être exhaustive.

Rendre les personnes obèses responsables de leur maladie est tout simplement absurde et reflète bien la stigmatisation et la discrimination dont elles font l’objet à l’heure actuelle. Cependant, il n’en reste pas moins important de travailler à une offre alimentaire saine et plus rationnelle qu’elle ne l’est actuellement (taille des portions, composition nutritionnelle).

Obésités : responsabilité de la société ou de l’individu?

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

groupeObésités, qui est responsable ? La société ou l’individu ?

D’un côté, les tenants de la responsabilité sociale. Pour eux, la société est responsable des sollicitations qui dépassent les possibilités de résistance de l’individu. Pour preuves, certaines études attestent d’une prise de poids significative des jeunes lorsqu’un Mc Do ouvre dans le secteur.

De l’autre, les tenants de la responsabilité individuelle répondent que si on ne veut pas franchir la porte de cet établissement, rien ni personne n’y oblige. A l’inverse, s’il n’y pas techniquement de possibilités de s’y rendre, parce qu’il n’en n’existe pas, le problème est réglé sans s’être posé ! Lapalissade. Ne pas tenter le diable reste une bonne politique.
Une condition nécessaire devient une condition indispensable, chuchotent d’autres. Evidence. Ainsi se poursuivrait le dialogue – qui ne manquerait pas de s’envenimer.

Peut-on réconcilier les deux camps ? Leurs arguments se justifient. Car, ils reposent sur des socles qui dépassent de loin le seul sujet abordé… comme toujours. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de les départager. Et il est impossible de ne pas en tenir compte pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette question.
Il est alors question d’idéologie.

Obésité : responsable mais pas coupable ?

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

La formule « responsable mais pas coupable » qu’elle employa pour sa défense sur TF1 en novembre 1991 est restée fameuse. Si cette phrase de Georgina Dufoix (utilisée lors du scandale du sang contaminé) a connu un tel retentissement, c’est qu’elle nous interpelle. Effectivement, il y a différents niveaux dans la responsabilité et la culpabilité.

Selon Wikipédia : « Le terme culpabilité possède deux sens différents selon qu’on l’envisage sur le terrain juridique ou psychanalytique. »
En droit, « la culpabilité est un état déterminé à l’issue d’un jugement porté sur le comportement d’une personne. »
En psychologie ou en psychanalyse la culpabilité est « un sentiment qui affecte un sujet que cette culpabilité soit justifiée ou non. On distingue le sentiment de culpabilité conscient du sentiment de culpabilité inconscient. »

Il y a déjà là de quoi réfléchir sur l’association qui se fait couramment entre culpabilité et faute, concept issu du droit.

Lire la Suite…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 72 followers