Convictions et obésités
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Différents grands noms dans le domaine de l’obésité ont des conclusions totalement différentes sur certains points. Est-ce surprenant ? Déroutant ?
Dans d’autres domaines, qu’ils soient médicaux, philosophiques ou économiques, on aboutit à de pareilles situations. Pourquoi ?
L’interprétation des données ne dépend pas que de celles-ci. Comme en musique, l’interprète a son importance. Ainsi avec les mêmes données, différentes corrélations, toutes justes, peuvent être posées.
On voit que les éléments choisis pour être mis en corrélation orientent les conclusions. Tout le monde est sincère et convaincu. Il n’y a pas la moindre volonté de biaiser les résultats. Ce sont les convictions des uns et des autres qui interviennent. Elles appartiennent à chacun en dehors même de l’objet de l’étude. Elles lui préexistent. Le côté rassurant, c’est la relativité de toute chose soulignée. Ce qui invite ainsi à une certaine distance.
Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà… Se mettre autour d’une table, exposer les raisons de ses convictions : discuter est une voie qui, à défaut de mettre tout le monde d’accord, permet d’avancer vers plus de clarté et enrichit la pensée. Last but not least… Les guerres sont ainsi évitées.



