Le fil rouge du Think Tank ObésitéS

woman-310256_640Corps et image

Dernier article : La femme est plurielle comme le monde (25.11.2014)

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

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6 responses to “Le fil rouge du Think Tank ObésitéS”

  1. Pierre Dalarun says :

    Connaît-on le véritable impact des mannequins anorexiques sur l’idéal de minceur de certaines jeunes femmes ? Si demain les mannequins étaient tous obèses, leur image inciterait-elle pour autant à un idéal de grosseur ? Je pense que la mode, comme l’art en général, n’est que le reflet d’une société et de ses tourments. L’image que véhicule les mannequins anorexiques est celle d’une société malade, une société désincarnée qui nie l’existence sensorielle des corps. L’image du corps est bien plus que la silhouette d’un corps. Ses perturbations s’ originent davantage dans un rapport au corps désaccordé (ce qui renvoie aux vicissitudes de la relation mère-enfant) que dans la fascination des représentations de mode.
    Au nom de la diversité, pourquoi les anorexiques, autant que les obèses, n’auraient-elles pas le droit de citer dans les défilés de mode ? L’un des risques de légiférer l’IMC des mannequins est à mon avis de discriminer les anorexiques (et les maigres constitutionnels d’ailleurs car ça existe) comme les obèses le sont aussi.

  2. Grangeard Catherine says :

    Cher Monsieur
    Avez-vous lu qu’un projet de loi a été déposé ? Que le rapport remis à la Ministre de la Santé en début d’année propose 2 mesures (sur 10) concernant l’image du corps ? Le début de mon article y fait référence. Croyez-vous que ces propositions n’aient pas été préparées par des commissions travaillant les études sur le sujet en question ? Alors : évidemment que l’impact est démontré. Et pas seulement en France puisque l’on sait que des pays voisins ont voté des lois en ce sens…
    Bien sûr, combattre la seule et unique norme actuelle de mannequins extrêmement maigres soulève des résistances, comme votre commentaire en est un exemple. Il ne s’agit pas de remplacer tous les mannequins maigres par d’autres obèses… C’est caricatural !
    Déconstruire les stéréotypes de l’image idéale du corps pour que 80% des jeunes filles n’aient pas le sentiment d’être trop grosses, alors que, vous le savez bien, il n’y a pas 80% de jeunes filles qui le soient, c’est une urgence pour éviter que ce sentiment ne mène à de graves comportements ayant des incidences non seulement physiques mais aussi psychiques…
    Réduire à une seule cause les raisons pour lesquelles une personne agit est tout à fait déconnecté de la réalité. Il s’agit donc d’agir partout où cela est nécessaire, le plus en amont possible… malgré les résistances face au changement.

    • DALARUN Pierre says :

      Madame,
      Tout d’abord, puisque vous criez haro sur le baudet, sachez que je n’appartiens à aucun lobby, groupe ou groupuscule, je parle en mon nom personnel.
      Ensuite je reconnais que de nombreuses études démontrent le lien entre la lecture de certaines revues ou sites prônant la minceur et le développement de comportements anorexiques chez les jeunes gens.
      Nul besoin de rappeler la gravité que l’anorexie représente pour la santé physique et psychique, et il faut combattre toute forme de promotion l’encourageant. La question que je pose est : comment ?
      Doit-on prendre l’IMC comme critère de législation ? L’IMC introduit la notion d’une norme, d’un « poids normal ». Ne serait-il pas plus judicieux d’inscrire, comme en Grande Bretagne, « poids de santé ». Cela permettrait d’inciter des comportements orientés vers la santé et la diversité des corps, plutôt que de tendre vers une norme qui pousse toujours à se situer à son niveau inférieur, l’obésité faisant office d’épouvantail à son niveau supérieur.
      On pourrait aussi faire passer le message qu’on peut être en bonne santé en étant parfois au-dessus, parfois au-dessous de la norme pondérale. Le poids ne fait pas loi absolue en matière de santé.
      Réformer l’IMC et les discours adjacents me semble être un élément à débattre.
      De même les pouvoirs publics pourraient s’interroger sur l’impact de certains messages du PNNS qui prônent le « Bouger plus » et « Evitez de manger… trop gras, trop salé, trop sucré ». N’est-ce pas aussi encourager l’idéal de minceur et des comportements potentiellement anorexigènes ?
      Les résistances au changement dont vous parlez ne sont peut-être pas seulement le fait de lobbies mais aussi du manque de cohérence de certains messages de santé publique.
      Il est vrai que lutter à la fois contre l’obésité et l’anorexie n’est pas chose aisée.

      • Grangeard Catherine says :

        … Lorsque le baudet s’égare, il vaut mieux l’aider à retrouver son chemin… La police des corps utilise de nombreux outils, dont l’IMC pour les discipliner. IMC totalement construit socialement… Et… Les normes sont introjectées ; la prison est dans la tête sans même se souvenir d’où elle vient et que la clé est en soi. Bref… L’insatisfaction fait vendre. Les commandes sont économiques avant d’être de santé… Voilà pourquoi il s’agit de s’interroger avant toute chose au « pourquoi ». Remettre en question les normes est l’avant -propos. Si 80 % des jeunes filles (ou presque) se trouvent trop grosses, voit-on effectivement 80% de jeunes filles en excès de poids ? Bien sûr que non…. Mais c’est ce sentiment qui est la cause de différentes démarches. D’une recherche de « comment »… Les profiteurs de ce malaise (malheureusement souvent des médecins) n’ont plus qu’à sortir un livre de temps en temps, créer un site internet de coaching où il s’agit de dénoncer les régimes et vendre une « méthode » toute identique mais se présentant comme basée sur un ré-équilibrage émotionnel et diététique… ETC… Puisqu’on voit parfaitement à qui profite le crime, il nous est donc possible de montrer à d’autres de ne pas regarder le doigt qui montre la lune quand on cherche la lune….

      • DALARUN Pierre says :

        L’IMC serait donc à déconstruire ? Bonne nouvelle.
        Et les messages du PNNS ? Ne seraient-ils pas porteur d’une incitation à l’hyperactivité et à la restriction cognitive ?
        Si les images de mannequins anorexiques ont un impact c’est parce qu’elles sont potentialisées par la peur de l’obésité, par un discours officiel normatif et par les diverses offres d’amaigrissement. Les images de mode ne sont que la partie émergée de l’iceberg. A elles seules, il est probable qu’elles n’auraient que très peu d’effet. C’est le problème de beaucoup d’études qui ne considèrent pas la complexité des phénomènes, et qui trouvent des causalités là où il n’y a que des corrélations.
        Parmi les « profiteurs du malaise », outre certains médecins, n’oublions pas quelques chirurgiens, peu respectueux des recommandations de la HAS, qui n’ont nul besoin d’écrire de livre sur l’obésité pour se faire connaître du grand public. Car ceux qui dénoncent les régimes, avec parfois la meilleure des intentions, poussent indirectement dans leurs mains les personnes en quête d’amaigrissement.

  3. Grangeard Catherine says :

    Je vais vous inviter à lire les deux livres que j’ai écrit sur les questions d’obésité. Une partie des réponses à vos commentaires s’y trouve. Ce n’est pas nouveau que je dis, ou écris, que l’IMC est à reconsidérer, c’est un indice qui a sa propre histoire… Là encore, connaître pour déconstruire…

    L’image idéale offerte par les médias, les mannequins, etc… ont un impact pour de nombreuses raisons qu’on ne peut balayer d’un revers de manche. l’introjection se réalise d’une manière silencieuse et est d’autant plus efficace car ce qui a été ainsi fait sien parait naturel. Oublié l’aspect culturel, donc relatif… Cela écrase les individus dès le plus jeune âge. Ceci n’est pas assez étudié, c’est dit comme cela, en passant, et sans réelle prise de conscience et remise en cause de ce que cela signifie vraiment. Les lois ne sont pas appliquées, les mesures proposées sont en jachère… Silence…

    Que l’iceberg soit profond, c’est sûr ! Il est composé de multiples matériaux, que nous ne connaissons pas encore bien. Il est essentiel de différencier ceux qui viennent de l’individu, et ceux qui ont à voir avec le social, pour tenter d’agir aux niveaux respectifs.

    Bien sûr enfin que la chirurgie de l’obésité est pour certains chirurgiens une manne de revenus considérables. Certains peu scrupuleux entretiennent les patients dans une illusion magique… d’autres préparent l’intervention en respectant les recommandations HAS. Comme je l’ai écrit (cf les livres cités), se méfier de ceux qui promettent une solution simple. Si c’était le cas, ça se saurait ! En revanche, que ce soit un des moyens, pour certaines personnes de se sortir d’une obésité morbide, c’est vrai. UN DES MOYENS…

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