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Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Des couleurs pour bien se nourrir » de Jean-Michel Lecerf
Le rapport Hercberg propose plusieurs pistes de travail pour améliorer la prévention nutritionnelle pour la population générale. Je suis en parfait accord avec celles sur l’eau, la qualité des produits proposés dans les distributeurs ou encore la publicité. Mais d’autres me laissent dubitatives.
A l’instar de Jean-Michel Lecerf, je ne suis pas d’accord avec la mise en place de l’échelle de couleurs pour informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments. Certes, ce système peut inciter les industriels à améliorer la qualité de leurs produits afin de ne plus être classés dans le rouge ou le rose. Toutefois, pour le mangeur, c’est culpabilisant.
L’achat d’aliments étiquetés orange, rose ou rouge ne pourra que s’accompagner de l’arrière-pensée suivante : « je mange cet aliment mais je ne devrais pas. C’est mauvais pour moi ». Qu’on le veuille ou non, la couleur rouge est associée à l’interdit, l’orange au danger et la verte à l’autorisé.
En tant que professionnelles de la nutrition, mon équipe et moi nous battons au quotidien contre les ravages de la restriction cognitive. Et cette idée de signalétique ne peut que la favoriser.
Quant aux produits fabriqués de manière artisanale, ils sont exclus du dispositif. À ma connaissance, ils ne sont pourtant pas nécessairement de meilleure qualité nutritionnelle.
Des couleurs pour bien se nourrir
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.
Le rapport remis par Serge Hercberg au ministre de la santé pour la nutrition est remarquable. Il est le fruit d’une grande compétence reconnue en terme de santé publique. Il regorge de bonnes propositions.
Je ne partage cependant pas celle sur les repères de couleur pour les aliments : rouge, fushia, rose, orange, jaune ou vert, dont implicitement on comprend le sens. Certes il s’agit d’un bon point mais cela ne suffit pas à emporter ma conviction.
D’une part parce qu’il n’existe pas d’aliment mauvais dont la consommation serait en soi dangereuse, si ce n’est en cas d’excès. A ce titre, l’excès de n’importe quel aliment est déconseillé. Seules la modération et la tempérance sont de mise. Faire croire le contraire ne va pas dans le sens de l’éducation. De même, aucun aliment n’est parfait et de ce fait, seule la variété permet l’équilibre. Comment faire comprendre que les aliments rouges font partie de la variété ?
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