Style parental et obésité
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Quels sont les effets d’une éducation stricte des enfants sur leur poids ? La réponse se trouve dans étude portant sur 37 577 enfants de 0 à 11 ans menée par Lisa Kakinami à l’université Mc Gill, au Canada. Cette large étude montre qu’une éducation stricte a un effet contre-productif sur le poids. Entre 2 et 5 ans, 30% des enfants soumis à un cadre rigide présentent un excès de poids par rapport aux autres enfants. Entre 6 et 11 ans, la proportion monte à 37%. Cette observation se confirme même si un seul des deux parents se conforme à ce style d’éducation.
Le déficit d’affection semble expliquer ces résultats. Ou plus exactement, le manque ressenti par ces enfants. Les parents peuvent toujours justifier leur attitude par « c’est pour leur bien ». Ses effets seront délétères si la perception est celle d’une sévérité, d’une exigence. Bref, d’un autoritarisme.
Les personnes qui sont contentes de leur poids…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
J’ai envie de poser le problème de l’excès de poids, à l’envers, pour une fois. Que font les personnes qui n’ont pas de problèmes avec leur poids ?
En termes d’alimentation, elles ne pensent pas qu’à ça ! Ni qualitativement sous un angle diététique, ni d’une manière obsessionnelle, quantitativement… L’IMC n’est que le cadet de leurs soucis. Ce n’est pas l’étalon du bonheur. Autrement dit, le poids des normes est plus léger pour elles.
Elles ne sont pas non plus centrées sur leur activité sportive. Elles savent bien que l’on ne peut pas bien vivre immobile, sans pour autant en être polluées.
En plus, elles ne divisent pas leur existence entre soma ou psyché. La tête sur les épaules, elles ont ressenti que certains jours, elles ont plus envie de ceci ou cela… et puis ce n’est pas un drame. Elles savent que derrière, il se cache quelque chose et c’est de ce côté qu’elles s’attardent pour chercher ce qui se passe, comment dépasser les impasses, etc.
Elles sont humaines, elles admettent donc qu’il faut faire avec la réalité, à tous les niveaux. Et, elles y arrivent !
Elles ne cherchent pas des gourous, des recettes infaillibles, des causes uniques… Elles ne sont pas forcément plus heureuses, non plus !
Ici, faut-il le souligner ?
Eloge de l’excès
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En réaction à l’article « Pourquoi vous êtes-vous laissé aller ? » de Jean-Michel Lecerf
« Que dépasser les bornes est bon ! Comme exagérer est euphorisant ! On recherche la fête, le carnaval, ces moments où on sort du droit chemin pour basculer dans le Trop…
Les êtres humains doivent avoir le besoin de transgresser, peut-être pour rester raisonnable le reste du temps ? Trop boire, trop manger, trop rire, trop de tout… juste se permettre la démesure, comme l’enfant joue.
Ces plaisirs sont bons, sinon les humains ne les répèteraient pas depuis la nuit des temps.
Inutile de se voiler la face, il y a bien des raisons à être déraisonnable. Inutile de le nier, cela fait partie de nos vies. Cela n’est ni bien ni mal. Cela est !
Obésités : la solution, infantiliser ?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des question d’obésité.
Les régimes, à suivre à la lettre, vous connaissiez le refrain. Maintenant, plus court encore : aux sms. Toujours le même principe : dicter la bonne conduite, surveiller… punir ou récompenser. Est-ce donc que les personnes en obésité ne savent pas penser ? Pas la moindre réflexion sur qui sont ces personnes. RIEN. Lire la Suite…
La France est déprimée
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Aux questions que posent Arnaud Cocaul : « Pourquoi les parents préfèrent-ils mettre les enfants devant la télé plutôt que de s’en occuper ? Pourquoi suivre les conseils de stars de l’écran plutôt que ceux de spécialistes médicaux ? », je répondrai par une autre question : « Qu’y a-t-il de plus attirant pour les gens d’aujourd’hui ? »
Le principe de réalité se fait déborder par celui de plaisir sur tous les terrains. On constate que le monde est plus bipolaire que jamais. La réflexion, l’argumentation, le recul et la distanciation, tout cela exige du temps. Mais celui-ci semble compté. La planète est dite en danger…
Une totale perte de repères accentue le vertige. Et de citer les médecins qui ont failli comme ceux qui ont fait les terribles expérimentations dans les camps nazis. Et les trahisons des hommes politiques, les compromissions pour richesse et gloire… Nous évoluons au jour le jour et ce ne sont plus les chaînes d’information en continu ni les radios qui comptent. C’est ce qui fait le buzz sur internet à toute allure.
Fais dodo…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Plutôt qu’un discours, je vous propose un bref extrait de consultation. Régulièrement des articles pointent l’hygiène de vie comme principal facteur de l’obésité. Manque de sommeil, alimentation trop riche ou pas assez saine, activité physique insuffisante sont responsables de beaucoup de conséquences. La question permanente étant : mais pourquoi le bon sens ne s’impose t-il pas ? Voilà un élément de réponse…
- Allez, au lit !
- Pourquoi je suis puni ?
- Comment ça ?
- J’ai encore envie de jouer. Papa, toi, tu ne vas pas te coucher. Demain, toi aussi, tu seras fatigué, de mauvaise humeur, en retard… Lire la Suite…
Corps médical et préjugés
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Yasmine demande à sa mère de ne pas entrer dans le bureau d’un médecin. Vertement. C’est une 1ère consultation. « Yasmine a le droit, elle a maintenant 16 ans » tranche-t-il sans appel, sur le pas de son bureau. Coup d’œil entre mère et fille qui en dit long sur leur relation compliquée. Le tout, facilement observable de la salle d’attente où je me trouvais. Retour illico presto en salle d’attente de la mère, je la ressens en rage. Comme nous nous retrouvons toutes les deux, un peu gênées pour des raisons différentes, je commence par lui sourire. Elle y répond un peu. Je pose mon magazine et je décide d’entamer une conversation.
Sans juger du bien-fondé de la décision de ce médecin, cette femme est vexée et cela va altérer un peu plus son lien avec sa fille. Ayant été ainsi maltraitée, elle ne ramènera jamais ici Yasmine, dit-elle. Et des larmes coulent suite à la prise de position du médecin, sans rien connaître de la réalité. Ayant été témoin de la scène, je me demande comment atténuer le ressenti contre le médecin.









