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Quand les taxes reviennent à l’assaut

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

En réaction à l’article « L’obésité coûte cher » de Jean-Michel Lecerf

ColorfullLe rapport sur la politique de prévention nutritionnelle prévoit un système de taxes et de subventions comme moyen d’incitation à l’achat, notamment de fruits et légumes. Cela peut peut-être avoir un impact positif à court terme. Mais, à aucun moment le problème de l’éveil au goût des enfants par les parents n’est évoqué. Cette question n’est abordée que par le biais des ateliers périscolaires. Cela pose au moins deux problèmes.

Tout d’abord, la réforme des rythmes scolaires n’est obligatoire que pour les établissements publics : il est laissé à l’initiative des établissements privés de la mettre en place ou non. 20% des élèves ne seront donc potentiellement pas touchés par cette proposition.

Ensuite, je pense qu’il est du ressort des familles, et non de l’école, d’éveiller les enfants aux différentes saveurs. Cependant, dès la sortie de la maternité, les jeunes parents sont confrontés à une cacophonie concernant la façon de nourrir leur enfant. Lorsque, vers 2 ou 3 ans, celui-ci refusera les légumes ou autres mets préparés avec tendresse, ils se retrouveront désemparés. Certains, las de se battre, adopteront la solution de facilité. A la place des légumes ou des fruits honnis, ils présenteront à l’enfant ce qu’il mange volontiers, biscuits, laitages aromatisés… et peu importe les taxes. Développer la présence de diététiciens dans les services de protection maternelle infantile (PMI) et les maternités toucherait toutes les populations et pourrait améliorer cet état de fait.

Economie et obésité

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

En réaction à l’article « L’obésité coûte cher » de Jean-Michel Lecerf

euro-76203_640Dans un monde où les finances sont aux commandes, le coût de l’obésité interpelle davantage que les souffrances endurées par les individus. Ce constat (affligeant) dépasse, bien sûr, la seule problématique de l’obésité.

A Davos en janvier 2013, les politiques ont été interpellés sur le coût économique du « fléau ». En France, on se souvient encore du succès du lobby des publicitaires contre le monde de la santé. Le jeune public étant alors confronté à des messages les conditionnant à se nourrir de produits industriels caloriques lors de leurs émissions Jeunesse.

Lorsque les côtés pile et face d’une même médaille s’opposent, les grands perdants sont toujours les plus vulnérables. D’où la nécessité de problématiser différemment la question, encore, encore et toujours… D’où ce Think Tank où s’expriment différentes voix, non seulement sur des registres différents, mais ayant des avis qui divergent parfois. De quoi ouvrir le débat !

L’obésité coûte cher

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

Seattle_physician_with_patient_1999Oui la maladie a un coût. Pour les maladies nobles, il est acceptable. Pour celles dont on pense qu’elles sont dues à une faute du patient, il devient intolérable.

Or de plus en plus, avec des prétextes économiques, il apparaît des commentaires sur ces gros qui coûtent cher, et qu’il faudrait les pénaliser pour les faire rentrer dans le rang. Ici on suggère de taxer les aliments grossissants. Là de moins rembourser certains soins. Ici de récompenser les bons élèves. Là ce sont des assurances privées plus chères… Demain cela pourrait être une pénalité de l’Assurance Maladie. C’est déjà un peu le cas puisque l’on sait que les consultations de diététique ne sont pas remboursées et que les médicaments ne l’ont jamais été (excepté le Mediator !) : ils n’ont qu’à manger moins !

Alors allons plus loin en ayant la même attitude pour toutes les affections dont on pense qu’elle sont dues à un comportement inapproprié du patient : maladies liées à l’alcool, schizophrénie liée au cannabis, diabète lié à la sédentarité, cancer lié au tabac, polytraumatisés liés aux accidents de la route ou du sport.

Rajoutons à cela la liste des patients non responsables de leur affection mais qui coûtent cher. Déremboursons les soins des enfants trisomiques que les mamans ont choisi de garder, et un nouvel eugénisme nous guettera !

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