On est gros car on le veut bien
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’article « Obésité : l’épouvantail made in US » de Sylvie Benkemoun
Sylvie Benkemoun pointe l’interprétation d’études qui contribuent à maintenir pérenne l’idée qu’on est gros car on le veut bien (et non on le vaut bien). Déjà la presse américaine s’était emparée d’un article paru à la fin des années 90 dans le New England Journal of Médicine. Il associe une mortalité de 300 000 individus par an aux USA liée à la malbouffe et à la sédentarité. Cet article avait été repris par la presse américaine qui titrait que l’obésité tuait 300 000 personnes annuellement aux USA !
Le mal était fait (le nombre d’articles interprétatifs dans la presse dépassant le millier).
D’une constatation que la sédentarité et le mauvais choix alimentaire chez le tout venant sont néfastes, on en arrive à déclarer que l’obésité tue. Voilà un raccourci bien plus vendeur, non ?. Dans notre pays, certains médecins ont construit leur diktat alimentaire sur cette contre-vérité médicale. Les journalistes ne doivent pas travailler dans l’urgence. Ils devraient cesser de tendre leurs micros vers des médecins dictatoriaux qui ne sont pas au courant que la médecine évolue constamment et appelle à une prudence des conclusions trop souvent hâtives.










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