Repas et convivialité
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Pour le Français, manger est important et la coupure du repas de midi est sacro-sainte, contrairement aux pays anglo-saxons plus enclins à déjeuner sur le pouce. Le repas partagé sur les lieux du travail ou à proximité est certainement source de convivialité et d’échanges.
Toutefois, d’autres pays, ici et là, provoquent ces moments de vie sociale autour d’une partie de cartes, d’une bière dans un pub, d’un café au bistrot, de tapas au bar, ou à l’occasion d’une promenade dominicale en famille dans les villages italiens…
Le repas pris à la va-vite, dans la rue, à n’importe quelle heure, à base de pizza, de hamburger ou de nuggets, avec leurs "dressings" n’est certainement pas à encourager. Il peut très bien générer une obésité.
Haro sur le sucre !
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank Obésités, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains
Après les matières grasses, le pain, la charcuterie, les produits laitiers, le gluten, le sucre est présenté comme un poison violent… De quoi entretenir la défiance vis-à-vis de l’alimentation.
Les sucreries ne sont certes pas indispensables au fonctionnement de l’organisme. Globalement, les Français ont tendance à en consommer trop, au détriment des féculents (pâtes, riz, semoule, légumes secs…). Bien sûr, leur consommation à outrance ne peut qu’être néfaste, comme tout excès. Mais est-il utile pour autant de faire peur ?
Le sucre est un élément incontournable de la convivialité. Pour ne citer que cet exemple, on partage un gâteau d’anniversaire, pas un plat de brocolis ! Le chocolat, gras et sucré, intervient pour beaucoup de personnes dans la gestion du stress, des émotions négatives, en permettant la sécrétion des neuromédiateurs du bien-être (sérotonine, endorphines). Quant à rendre le sucre responsable de l’obésité, c’est oublier bien vite qu’il s’agit d’une maladie multifactorielle. Au niveau nutritionnel, c’est l’excès calorique global qui entraîne une prise de poids, pas spécifiquement les calories du sucre. De même, l’apparition du diabète de type 2 est davantage lié à la prise de poids qu’à la consommation de sucre.







