Le désarroi des femmes
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains
Vaste sujet en effet.
En consultation, il m’arrive de me retrouver face au désarroi de femmes que leur mari ne touche plus depuis parfois des années, parce qu’elles ont grossi.
Au lieu de les motiver à maigrir, cela les décourage, les remplit de chagrin, les dévalorise. Non seulement elles ne plaisent plus physiquement à l’être qu’elles chérissent, mais en plus, elles ne se plaisent plus. Pour peu qu’elles utilisent la nourriture pour gérer leurs émotions, cela ne les aide évidemment pas à améliorer leur relation à l’alimentation.
Dans d’autres cas, leurs maris exercent sur elles une grande pression pour qu’elles maigrissent : il leur semble qu’elles n’en font jamais assez ; là encore, au lieu de les encourager, ce comportement ruine leurs efforts.
Lorsque ce sont les hommes qui me font part de leurs difficultés sexuelles, ils abordent plus fréquemment des aspects physiques et pratiques : manque d’endurance, gêne par la proéminence de leur ventre…
Dans un cas comme dans l’autre, je me retrouve, comme beaucoup de diététiciens j’imagine, totalement démunie face à cette détresse. Rien, ni dans notre formation initiale, ni dans les formations continues proposées, ne prépare à répondre à cela.
La Chine est-elle devenue féministe ?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Même révolution pour l’Egypte, l’Arabie Saoudite… ?
La progression notable de l’obésité serait liée au féminisme, un effet pervers de l’effort des femmes pour aller vers une vie moins difficile.
Si on était le 1er avril et non début janvier, (par ailleurs, meilleurs vœux pour faire de cette nouvelle année une année intéressante), et que l’on pouvait faire des blagues, on dirait :
- Le crime de nourrissons-filles est aboli en raison de la domination féministe.
- L’excision n’est plus massivement réalisée sur les fillettes.
- La Journée Internationale des femmes, le 8 mars, n’est plus de mise puisque tous les autres jours ne sont plus ceux des hommes.
- Exit la Journée de la jupe, le 25 novembre, jour également dédié à la lutte contre les violences dont sont victimes les femmes. Cette journée est inutile puisqu’elles ne meurent plus sous les coups de leur compagnon (à ce jour, en France, tous les 3 jours, une femme est assassinée par son conjoint). La journée de la jupe ? Rappel : c’était pour que les filles puissent porter une jupe sans se faire agresser, une journée symbolique pour qu’elles quittent le pantalon protecteur. « La journée de la jupe » est aussi un film.
Quittons la fiction.
La sexualité, genèse de l’obésité ?
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Quand on y réfléchit, la sexualité est souvent pour beaucoup dans la genèse de l’obésité.
En France, où la pression de la société s’exerce surtout sur les femmes, dans le sens d’un idéal de minceur, on voit fréquemment des adolescentes se lancer dans des régimes draconiens, sous prétexte qu’elles se sentent, ou qu’on leur fait croire, qu’elles sont un peu "enrobées".
La métamorphose sexuelle de cet âge est source d’instabilité et d’hypersensibilité au regard des autres. Et c’est le départ de toute une existence pourrie par les régimes yoyos successifs qui induisent un dérèglement des habitudes alimentaires et des sensations de satiété. Cela génère une prise de poids progressive au fil des années, aboutissant à une véritable obésité. Bref, tout le contraire du résultat escompté !
C’est le profil le plus courant des personnes qui viennent consulter pour chirurgie bariatrique. Quatre fois sur cinq, il s’agit de femmes.
Plaire ou se plaire ?
Par Bernard Waysfeld, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste et psychiatre.
Vaste domaine… et il n’y a pas que les gros qui rencontrent des difficultés ! D’ailleurs, depuis Internet et l’explosion des sites de rencontres, beaucoup de corpulents trouvent chaussure à leur pied…
Pourtant, la stigmatisation discrédite celui qui est affublé d’une surcharge. C’est sans doute là que réside la demande d’une majorité de jeunes femmes. Etre comme tout le monde disent-elles, rentrer dans un pantalon, dans un 38, et surtout plaire et plus encore, se plaire. Mais à qui doit-on plaire ? Aux hommes ? A soi-même ? Aux femmes ?
De fait, en dehors des extrêmes (et encore !), les hommes apprécient les rondeurs des femmes. Ce sont les femmes entre elles qui se comparent, rivalisent, s’évaluent. Comme s’il s’agissait finalement de combler les exigences d’une mère insatisfaite, une mère intériorisée, une mère qui, dans les années soixante et soixante-dix, a connu l’exigence de minceur, le féminisme, le combat pour la parité et qui porte encore le pantalon !







