Fais dodo…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Plutôt qu’un discours, je vous propose un bref extrait de consultation. Régulièrement des articles pointent l’hygiène de vie comme principal facteur de l’obésité. Manque de sommeil, alimentation trop riche ou pas assez saine, activité physique insuffisante sont responsables de beaucoup de conséquences. La question permanente étant : mais pourquoi le bon sens ne s’impose t-il pas ? Voilà un élément de réponse…
- Allez, au lit !
- Pourquoi je suis puni ?
- Comment ça ?
- J’ai encore envie de jouer. Papa, toi, tu ne vas pas te coucher. Demain, toi aussi, tu seras fatigué, de mauvaise humeur, en retard… Lire la Suite…
Grossesse, obésités et risque de prématurés
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Un article du Nouvel Observateur rend compte d’une étude à grande échelle faite en Suède sur le système de prise en charge médical. Elle permet d’obtenir la participation effective de populations importantes et d’en tirer des études statistiques valables. Il en ressort que les femmes opérées pour obésité ont plus de risque d’avoir des bébés prématurés. Lire la Suite…
L’annonce faite à Marie
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
- « Depuis quand suis-je en obésité ? Ça remonte à loin. Je me souviens de quelque chose de très choquant. C’était à l’école primaire, le pédiatre note sur mon carnet de santé qu’il faut faire attention. Il s’adresse à ma mère, il parle de moi mais pas à moi. « Elle est presque en obésité ». Elle doit ceci, pas cela… Puisqu’on ne me parle pas, je n’écoute plus. Je viens juste de recevoir un coup. Elle, c’est moi. On parle de son obésité, de surveiller, on ne s’adresse pas à moi. Je suis anéantie.
- Réduite à rien puisqu’on ne vous parle pas ?
- OUI ! J’en suis encore sous le coup. Je ne me suis pas saisie de ce qui lui arrivait, à cette petite Marie. Elle n’avait qu’à faire attention. Elle devait être raisonnable. Je n’étais pas concernée. Si on m’avait parlé, peut-être… Mais le paquet nommé Petite Marie, qui était-ce ? Un objet de sa mère ? Alors qu’elle se débrouille ! Qu’elle s’en occupe, ma mère.
- Ce n’était pas votre problème !
- La violence des mots ! Obésité, … c’est moche, dégoûtant, un truc vilain et petite Marie n’a pas envie du fardeau… C’était le problème de ma mère puisque, le pédiatre s’adressait seulement à elle bien que je sois présente. D’ailleurs je la voyais bien ennuyée, presque au bord des larmes. On aurait dit une petite fille qui se faisait disputer. Ça changeait ! D’habitude, c’était moi qu’on enguirlandait. Peut-être même que j’y prenais un certain plaisir. Comme on ne s’entendait pas bien du tout, je savais quoi faire pour l’embêter…
- Vous avez pris du poids CONTRE votre mère ?
- Maintenant je regrette tout ça… Il était bête ce médecin quand même, non ? Vous croyez que ça existe encore des situations comme celle-là ?»
Faut-il taxer les aliments ?
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille
Voici une fausse bonne idée ! Une de plus. Bonne en apparence car cela limitera l’accès et donc l’achat des aliments dont il faut limiter la consommation : un peu court non ?
Les désigner comme taxables signifie qu’il faut les choisir. C’est simple, choisissons les mauvais. D’un point de vue nutritionnel cela n’a aucun sens, car il n’y a pas de mauvais aliments, sinon ce ne sont pas des aliments mais des poisons ! Alors prenons une limite quantitative pour un nutriment dont l’excès n’est pas souhaitable : le sucre des boissons sucrées par exemple. Mais pourquoi pas les jus de fruits dont la teneur en sucre est identique, les pâtes de fruits et la confiture dont la teneur en sucre est supérieure, les bonbons ; mais alors aussi le nougat plus calorique, ou les cakes industriels aux fruits confits (pas le quatre quart maison) ; mais pourquoi pas les pâtes à tartiner et donc les graisses ; mais le beurre est plus calorique, l’huile encore plus, sans oublier la mayonnaise, et les frites qui vont avec. Mais il y a aussi le chocolat identique au chocolat à tartiner ou le chocolat en poudre plus concentré.







