L’idéal minceur, une hérésie médicale et humaine
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.
En réponse au texte « Les normes de minceur » (Catherine Grangeard)
La norme est un épouvantable épouvantail quand elle provient d’autorités sanitaires. Faut-il être beau, grand, riche, intelligent, mince pour réussir ? Le droit de ne pas l’être est essentiel. Le bonheur est-il interdit à ceux qui ne répondent pas à ces critères ? La santé est-elle le bien ultime au risque de culpabiliser ceux qui ne l’ont pas ou ne l’ont plus ? Heureusement, en France, une prise de conscience médicale se fait jour pour éviter d’assimiler repère statistique et norme de santé. Mais, bien-sûr, le sujet mérite d’être étudié d’un point de vue sociologique car il a du sens.
Certes, l’idéal minceur est une hérésie en terme médical et en terme de nature humaine tant nous sommes tous différents (petits, costauds, frêles, grands…). Pour autant, on peut se demander de façon un peu provocante si un soupçon d’idéal minceur, sur des individus non fragiles psychologiquement, ne serait, quand même (c’est iconoclaste) une pression « douce » qui permettrait à la France (aux Françaises) d’avoir une plus faible prévalence d’obésité que les autres pays occidentaux. Alors que la « tolérance » extrême (aux USA par exemple ou au Maghreb) vis-à-vis de l’embonpoint pourrait être un facteur d’entretien de l’obésité. A réfléchir !
2 réponses à “L’idéal minceur, une hérésie médicale et humaine”
Rètroliens / Pings
- - 29 janvier 2014










Si on faisait vivre et grandir un groupe de Français marqués par leur idéal culturel de minceur dans une ville américaine moyenne (avec ses centres commerciaux), je ne suis pas sûr que leur faible prévalence de l’obésité fasse long feu.
Là où j’ai grandi, le premier McDonald est apparu quand j’avais 12 ans. Il y en a maintenant 3 ainsi que 2 restaurants Quick (20 ans plus tard). Loin de moi l’idée de blâmer bêtement la restauration rapide. Mais je me pose la question de l’impact d’un paysage culturel (ce qui inclut la restaurations), plutôt que d’un idéal culturel supposé plus vertueux en terme de répercutions pondérales.
Dans le même temps, c’est peut-être cet idéal qui a, par exemple, fait que le McDo de Montorgueil (Paris) s’est vu repoussé par les habitants du quartier…