L’obésité, question de chiffres et de lettres
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité
En réaction à l’article « L’IMC et ses limites » d’Arnaud Cocaul
« IMC, 25. Ça va.
IMC, 40. Rien ne va plus.
J’attends. Personne ne m’a encore parlé. On a parlé de mes mensurations, pas de moi. Les jeux sont faits. La roulette, le tapis vert, le stress… Qui perd gagne, ici. Si j’ai perdu du poids, je gagnerai un sourire et des félicitations. Je ferme les yeux. Je m’isole dans ma tête. Au fond, j’aimerais tant que l’on ne s’arrête plus jamais sur ça. J’aimerais que l’on me demande d’où je viens, où je vais, pourquoi je pense ceci ou cela… que l’on s’intéresse à moi.
Je repense à Prévert, à son écolier qui n’écoutait plus le maître parler. Tout comme lui, je me suis évadé ; qu’importe au fond ces chiffres. Les mots, c’est la vie. J’attends dans le couloir, qu’après la pesée, le grand professeur nous reçoive. Quand on est patient, il faut apprendre la patience… Je souris. Mais, j’ai une furieuse envie d’hurler. Nous ne sommes pas des numéros ! ».
Jeune homme, 27 ans.










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