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Le terrorisme des régimes cède le podium aux sports

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

En réaction à l’article « Obésité : l’épouvantail made in US » de Sylvie Benkemoun

obesesCe qui est imposé à la population en excès de poids est révélateur des identifications fortement prônées. Sous couvert de santé, donc indiscutables, les normes disqualifient par le même mouvement les individus qui ne rentrent pas dans les clous. La société fabrique ainsi des boucs émissaires qui créent facilement un sentiment d’appartenance à un quelque chose qui a bien du mal à se définir par ailleurs. Les personnes qui se retrouvent ainsi montrées d’un doigt accusateur ont bien du mal à relever la tête. Principe assez simple, économique.

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Quand les taxes reviennent à l’assaut

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

En réaction à l’article « L’obésité coûte cher » de Jean-Michel Lecerf

ColorfullLe rapport sur la politique de prévention nutritionnelle prévoit un système de taxes et de subventions comme moyen d’incitation à l’achat, notamment de fruits et légumes. Cela peut peut-être avoir un impact positif à court terme. Mais, à aucun moment le problème de l’éveil au goût des enfants par les parents n’est évoqué. Cette question n’est abordée que par le biais des ateliers périscolaires. Cela pose au moins deux problèmes.

Tout d’abord, la réforme des rythmes scolaires n’est obligatoire que pour les établissements publics : il est laissé à l’initiative des établissements privés de la mettre en place ou non. 20% des élèves ne seront donc potentiellement pas touchés par cette proposition.

Ensuite, je pense qu’il est du ressort des familles, et non de l’école, d’éveiller les enfants aux différentes saveurs. Cependant, dès la sortie de la maternité, les jeunes parents sont confrontés à une cacophonie concernant la façon de nourrir leur enfant. Lorsque, vers 2 ou 3 ans, celui-ci refusera les légumes ou autres mets préparés avec tendresse, ils se retrouveront désemparés. Certains, las de se battre, adopteront la solution de facilité. A la place des légumes ou des fruits honnis, ils présenteront à l’enfant ce qu’il mange volontiers, biscuits, laitages aromatisés… et peu importe les taxes. Développer la présence de diététiciens dans les services de protection maternelle infantile (PMI) et les maternités toucherait toutes les populations et pourrait améliorer cet état de fait.

Economie et obésité

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

En réaction à l’article « L’obésité coûte cher » de Jean-Michel Lecerf

euro-76203_640Dans un monde où les finances sont aux commandes, le coût de l’obésité interpelle davantage que les souffrances endurées par les individus. Ce constat (affligeant) dépasse, bien sûr, la seule problématique de l’obésité.

A Davos en janvier 2013, les politiques ont été interpellés sur le coût économique du « fléau ». En France, on se souvient encore du succès du lobby des publicitaires contre le monde de la santé. Le jeune public étant alors confronté à des messages les conditionnant à se nourrir de produits industriels caloriques lors de leurs émissions Jeunesse.

Lorsque les côtés pile et face d’une même médaille s’opposent, les grands perdants sont toujours les plus vulnérables. D’où la nécessité de problématiser différemment la question, encore, encore et toujours… D’où ce Think Tank où s’expriment différentes voix, non seulement sur des registres différents, mais ayant des avis qui divergent parfois. De quoi ouvrir le débat !

L’obésité coûte cher

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

Seattle_physician_with_patient_1999Oui la maladie a un coût. Pour les maladies nobles, il est acceptable. Pour celles dont on pense qu’elles sont dues à une faute du patient, il devient intolérable.

Or de plus en plus, avec des prétextes économiques, il apparaît des commentaires sur ces gros qui coûtent cher, et qu’il faudrait les pénaliser pour les faire rentrer dans le rang. Ici on suggère de taxer les aliments grossissants. Là de moins rembourser certains soins. Ici de récompenser les bons élèves. Là ce sont des assurances privées plus chères… Demain cela pourrait être une pénalité de l’Assurance Maladie. C’est déjà un peu le cas puisque l’on sait que les consultations de diététique ne sont pas remboursées et que les médicaments ne l’ont jamais été (excepté le Mediator !) : ils n’ont qu’à manger moins !

Alors allons plus loin en ayant la même attitude pour toutes les affections dont on pense qu’elle sont dues à un comportement inapproprié du patient : maladies liées à l’alcool, schizophrénie liée au cannabis, diabète lié à la sédentarité, cancer lié au tabac, polytraumatisés liés aux accidents de la route ou du sport.

Rajoutons à cela la liste des patients non responsables de leur affection mais qui coûtent cher. Déremboursons les soins des enfants trisomiques que les mamans ont choisi de garder, et un nouvel eugénisme nous guettera !

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La Chine est-elle devenue féministe ?

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

fleurMême révolution pour l’Egypte, l’Arabie Saoudite… ?
La progression notable de l’obésité serait liée au féminisme, un effet pervers de l’effort des femmes pour aller vers une vie moins difficile.

Si on était le 1er avril et non début janvier, (par ailleurs, meilleurs vœux pour faire de cette nouvelle année une année intéressante), et que l’on pouvait faire des blagues, on dirait :

  • Le crime de nourrissons-filles est aboli en raison de la domination féministe.
  • L’excision n’est plus massivement réalisée sur les fillettes.
  • La Journée Internationale des femmes, le 8 mars, n’est plus de mise puisque tous les autres jours ne sont plus ceux des hommes.
  • Exit la Journée de la jupe, le 25 novembre, jour également dédié à la lutte contre les violences dont sont victimes les femmes. Cette journée est inutile puisqu’elles ne meurent plus sous les coups de leur compagnon (à ce jour, en France, tous les 3 jours, une femme est assassinée par son conjoint). La journée de la jupe ? Rappel : c’était pour que les filles puissent porter une jupe sans se faire agresser, une journée symbolique pour qu’elles quittent le pantalon protecteur. « La journée de la jupe » est aussi un film.

Quittons la fiction.

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Etiquetage alimentaire : qu’attend l’Europe ?

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

etiquetageL’Europe n’agit toujours pas en ce qui concerne l’étiquetage alimentaire

Les scandales alimentaires s’accumulent. Le dernier en date : des maquignons, des vétérinaires et des bouchers ont été mis en garde à vue en décembre 2013 pour avoir blanchi la traçabilité d’animaux en substituant de vieux carnets d’authentification afin de les rendre propres à la consommation. On est dans un autre registre que l’affaire des lasagnes au cheval de mars 2013.

Dans le second cas, il s’agit de tromperie sur la nature de la marchandise s’étendant à un grand nombre de pays européens, mais il n’y avait pas de risque pour la santé. On nous mentait ce qui est déjà fortement répréhensible. Dans le premier cas, on a affaire à un risque sanitaire. On nous fait manger des chevaux impropres à la consommation issus entre autre de la recherche pharmaceutique. Ils n’auraient jamais dû finir à l’abattoir et donc dans nos assiettes. On attendait de ce fait une réponse vive de nos autorités politiques françaises mais également européennes.

L’UFC Que Choisir a rempli le 9 décembre, son cabas de 91 produits précédemment incriminés dans les scandales sanitaires (type lasagnes, hachis Parmentier, raviolis, sauces bolognaises). 60% des produits du cabas ne mentionnent toujours pas leur provenance. Le projet de loi visant à rendre obligatoire le pays d’origine pour toutes les viandes et produits carnés dérivés dépendait de la décision de la Commission européenne à rendre cette injonction compatible avec le droit européen. Les lobbyistes européens pouvaient encore manœuvrer à Bruxelles.

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