Jeunes en danger, attention !
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Une nouvelle étude provoque une stupeur : « à 15 ans, près de 21% des filles et près de 9% des garçons ont déjà tenté de se suicider » (premiers résultats d’une enquête épidémiologique menée conjointement par la faculté de médecine et l’Institut universitaire de santé public de Poitiers et l’Observatoire régional de la santé d’Alsace, juin 2012.)
Le rapport ANSES (novembre 2010), dirigé par Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, montrait que 47% des jeunes filles désiraient peser moins. Entre les 18 % des jeunes en surpoids (chiffres InVS 2006) et ces 47 % qui ont le sentiment d’avoir à perdre du poids, la disproportion est flagrante… et source de réflexions.
L’adolescence est une période difficile à traverser, le mécontentement d’être soi est douloureux et fréquent. Il est essentiel de réfléchir aux effets pervers créés par les discours sur les normes en matière de poids.
Cette difficulté spécifique de l’adolescence peut s’accrocher aux normes véhiculées par des messages par ailleurs justes. Sont attribués aux aspects physiques tous les maux vécus. Un souci majeur de cette période est celui de l’image. Sans qu’il y ait superposition entre suicide et problèmes liés au poids, le mal-être présent est aggravé par l’apparence.
Le Think Tank attire l’attention de tous sur ce point. Le corps devient alors le bouc émissaire.







