Obésité : responsable mais pas coupable ?

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

La formule « responsable mais pas coupable » qu’elle employa pour sa défense sur TF1 en novembre 1991 est restée fameuse. Si cette phrase de Georgina Dufoix (utilisée lors du scandale du sang contaminé) a connu un tel retentissement, c’est qu’elle nous interpelle. Effectivement, il y a différents niveaux dans la responsabilité et la culpabilité.

Selon Wikipédia : « Le terme culpabilité possède deux sens différents selon qu’on l’envisage sur le terrain juridique ou psychanalytique. »
En droit, « la culpabilité est un état déterminé à l’issue d’un jugement porté sur le comportement d’une personne. »
En psychologie ou en psychanalyse la culpabilité est « un sentiment qui affecte un sujet que cette culpabilité soit justifiée ou non. On distingue le sentiment de culpabilité conscient du sentiment de culpabilité inconscient. »

Il y a déjà là de quoi réfléchir sur l’association qui se fait couramment entre culpabilité et faute, concept issu du droit.

Qui plus est, on peut être coupable mais pas responsable devant la loi, tel un mineur, un fou,…
La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et conséquences comprises, c’est-à-dire d’en assumer l’énonciation, l’effectuation, et par suite la réparation voire la sanction lorsque l’obtenu n’est pas l’attendu.

La responsabilité n’est pas seulement un fait, mais c’est aussi une valeur. Parfois on se demande si d’être et responsable et coupable n’est pas salvateur…
Être responsable de ses actes, c’est un préalable pour changer. Assumer, c’est un conseil de discipline… Pour les jeunes, il se trouve que c’est même une procédure, le conseil de discipline, qui donne du sens à des comportements scolaires déficients.

Psychiquement, j’en arrive à penser que certains patients en obésité ont besoin d’assumer les conséquences de certains actes. J’aurai tendance dorénavant à intensifier la pleine et entière responsabilité pour se décharger d’une culpabilité enfouie. J’encourage à cesser de se considérer comme « malade » pour reprendre les rênes de son existence.

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2 réponses à “Obésité : responsable mais pas coupable ?”

  1. sylvieb95 dit :

    En ce qui concerne l’obésité, la culpabilité renvoie à la norme. La personne se sent coupable de n’être pas conforme et essaie de réparer la faute par des tentatives d’amaigrissement souvent infructueuses, à long terme. Alors que les solutions pour maigrir durablement sont aléatoires, le devoir d’amaigrissement implicite s’inscrit au prix d’échecs qui majorent cette culpabilité et ses effets.
    L’autocritique freine alors les possibilités d’adaptation qui permettraient parfois de stabiliser un poids qui augmente, en sauvegardant une qualité de vie satisfaisante.

    Sortir de la culpabilité est-ce alors la responsabilisation qui renvoie aux injonctions que nous connaissons bien : faire ce qu’il faut pour maigrir durablement, être en meilleure santé et ne pas peser économiquement sur la société?
    Ou bien est-ce la possibilité de s’assumer avec sa différence en trouvant un compromis entre ses fragilités réelles ou relatives, avec un suivi médical adapté auprès de praticiens informés et tolérants?

    • Grangeard Catherine dit :

      Sylvie, passer de la culpabilité à la responsabilité emprunte de nombreuses voies. Certaines personnes qui sont entre autres en obésité vont préférer suivre celle-ci ou celle-là… je n’ai même pas à me prononcer sur ce qui est le mieux, ça dépend d’elles… Mais ce qui est certain c’est de réussir à se considérer comme une personne dans sa globalité permet de changer de regard sur soi et de modifier des attitudes qui sont mauvaises pour soi, et pas seulement pour son IMC… Les injonctions existent certes, se situer par rapport à elles, en pour ou en contre, si c’est pour se faire du mal, c’est à reconsidérer…. Je serais volontiers pour l’a-normalité ! c’est à dire se situer en dehors de la référence à la norme et pouvoir considérer ce qui est bon pour soi.

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