Grossesse, obésités et risque de prématurés
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Un article du Nouvel Observateur rend compte d’une étude à grande échelle faite en Suède sur le système de prise en charge médical. Elle permet d’obtenir la participation effective de populations importantes et d’en tirer des études statistiques valables. Il en ressort que les femmes opérées pour obésité ont plus de risque d’avoir des bébés prématurés.
Le professeur Basdevant souligne que ces femmes doivent être suivies au plan nutritionnel car elles peuvent développer des carences totalement inaperçues.
C’est encore plus vrai durant la grossesse où les besoins en nutriments et vitamines sont plus importants pour assurer la croissance du fœtus.
Malheureusement les personnes opérées, même bien informées, oublient souvent ces consignes. Comme elles se sentent en meilleure santé du fait de l’amaigrissement, elles ne se font plus suivre par un nutritionniste ou une diététicienne.
Or la grossesse d’une personne opérée nécessite des précautions. Pour les anneaux gastriques, il est conseillé de les desserrer au moins partiellement dès le tout début de la grossesse. C’est souvent pendant la grossesse que va s’installer une dilatation au dessus de l’anneau, peut-être favorisée par les vomissements. Or, on ne voit bien souvent les femmes qu’après l’accouchement, ou même beaucoup plus tard.
Pour le Bypass, des compléments vitaminiques sont indispensables pour compenser les carences inévitables liées à la malabsorption du fait du court circuit digestif.
Mais là aussi, les opérées ne ressentent pas les carences pourtant bien réelles. Certaines se lassent de suivre leur traitement sans savoir que c’est le bébé, qui en pâtira le premier.
Les risques sont donc patents. Toute personne opérée pour obésité demeure un malade potentiel. Il doit impérativement s’astreindre à un suivi à long terme, au moins une fois par an, par le nutritionniste et le chirurgien. Lorsque la grossesse est déclarée, il faut venir dès les premières semaines.
Tout cela ne doit pas faire oublier cependant que la perte de poids diminue les risques obstétricaux chez la mère comme chez l’enfant.







