Fais dodo…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Plutôt qu’un discours, je vous propose un bref extrait de consultation. Régulièrement des articles pointent l’hygiène de vie comme principal facteur de l’obésité. Manque de sommeil, alimentation trop riche ou pas assez saine, activité physique insuffisante sont responsables de beaucoup de conséquences. La question permanente étant : mais pourquoi le bon sens ne s’impose t-il pas ? Voilà un élément de réponse…
- Allez, au lit !
- Pourquoi je suis puni ?
- Comment ça ?
- J’ai encore envie de jouer. Papa, toi, tu ne vas pas te coucher. Demain, toi aussi, tu seras fatigué, de mauvaise humeur, en retard… Lire la Suite…
Les différences, en quoi ça vous dérange ? (suite)
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En quoi la différence devient-elle un problème ? Nous disions dans le texte « Les différences, en quoi ça vous dérange ? », qu’il s’agit toujours d’un groupe majoritaire qui se rassure sur son identité pure. C’est une erreur. Les femmes, sauf intervention pour supprimer des bébés filles, représentent la moitié de l’humanité. Pourtant, sous certaines latitudes, elles sont considérées comme inférieures. Ainsi, notre première assertion s’enrichira d’une précision : le groupe majoritaire peut se considérer comme tel en dehors de l’effet de nombre.
Pourquoi donc ? De nombreuses pistes sont alors évoquées. Le narcissisme des petites différences, par exemple. Plus la différence est ténue et plus ce narcissisme s’affirme. Ne pas être de ceux-là ou de celles-là… Comme si on avait peur d’être. Alors, on charge la barque… On cache la femme, on caricature l’autre et toujours le processus sera de dénigrer, de toujours accabler, jusqu’à dénier son humanité à l’autre.
Le mécanisme est redoutable. Pour enrayer le processus, la vigilance se justifie pleinement. Dès qu’une discrimination existe, l’atteinte à l’humanité en général est déjà là. Nous sommes tous concernés.
Les différences, en quoi ça vous dérange ?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
La définition de quelqu’un se résume souvent aux caractéristiques qui le distinguent des autres gens. C’est toujours une marque différente de la majorité des personnes qui sert d’élément, qu’importe ce qu’est la personne intrinsèquement. Ainsi, on devient le roux, le petit, ou … le gros… Ces traits physiques paraissent dès lors discriminants et objets de raillerie.
Mais alors pourquoi ? Si ce n’est sans justification, ce n’est pas sans raison. Et cette raison, c’est le besoin d’exclure, de se rassurer entre soi aux dépends d’autres. Un sentiment identitaire naît et il rassure certains, il différencie ceux qui se moquent de ceux qu’ils auront décidés de moquer. Ainsi le noir chez les blancs et inversement le blanc chez les noirs…Vous remarquez le glissement sémantique dans ces circonstances : l’adjectif qualificatif (le roux, le petit, le gros, le noir, le blanc…) remplace le groupe nominal, nom plus adjectif (le garçon roux, l’homme blanc, etc…) C’est un signe que de ramener une personne à une caractéristique. C’est l’empêcher d’exister en tant que personne à part entière.







