Taxation des aliments
Taxation des aliments
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Fais dodo…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Plutôt qu’un discours, je vous propose un bref extrait de consultation. Régulièrement des articles pointent l’hygiène de vie comme principal facteur de l’obésité. Manque de sommeil, alimentation trop riche ou pas assez saine, activité physique insuffisante sont responsables de beaucoup de conséquences. La question permanente étant : mais pourquoi le bon sens ne s’impose t-il pas ? Voilà un élément de réponse…
- Allez, au lit !
- Pourquoi je suis puni ?
- Comment ça ?
- J’ai encore envie de jouer. Papa, toi, tu ne vas pas te coucher. Demain, toi aussi, tu seras fatigué, de mauvaise humeur, en retard… Lire la Suite…
Grossesse, obésités et risque de prématurés
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Un article du Nouvel Observateur rend compte d’une étude à grande échelle faite en Suède sur le système de prise en charge médical. Elle permet d’obtenir la participation effective de populations importantes et d’en tirer des études statistiques valables. Il en ressort que les femmes opérées pour obésité ont plus de risque d’avoir des bébés prématurés. Lire la Suite…
Enfants rois et mères toutes puissantes
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Certains, comme le pédiatre Aldo Naouri, s’interrogent sur l’évolution du comportement des parents dans l’alimentation des nourrissons.
On observe de plus en plus une réponse rapide aux pleurs du nouveau-né par l’administration d’un biberon dès les premiers cris. Cette réaction immédiate empêcherait l’apprentissage de la patience et l’acceptation nécessaire des frustrations.
Plus tard, cet enfant impatient serait moins à même de supporter les contraintes de la vie en société. L’évolution des mœurs, avec notamment l’autonomisation salutaire des mères par la contraception et l’accession généralisée au monde du travail, a rendu le statut paternel beaucoup plus flou et plus incertain qu’à l’époque du pater familias.
Le personnage du père a tendance à s’effacer dans l’équilibre du couple parental. La mère devient alors prépondérante dans l’éducation des enfants, voire exclusive dans certaines familles monoparentales. Or, le rôle du père devrait rester fondamental, puisque c’est lui qui s’interpose comme tiers dans la relation fusionnelle mère-enfant.
Corps médical et préjugés
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Yasmine demande à sa mère de ne pas entrer dans le bureau d’un médecin. Vertement. C’est une 1ère consultation. « Yasmine a le droit, elle a maintenant 16 ans » tranche-t-il sans appel, sur le pas de son bureau. Coup d’œil entre mère et fille qui en dit long sur leur relation compliquée. Le tout, facilement observable de la salle d’attente où je me trouvais. Retour illico presto en salle d’attente de la mère, je la ressens en rage. Comme nous nous retrouvons toutes les deux, un peu gênées pour des raisons différentes, je commence par lui sourire. Elle y répond un peu. Je pose mon magazine et je décide d’entamer une conversation.
Sans juger du bien-fondé de la décision de ce médecin, cette femme est vexée et cela va altérer un peu plus son lien avec sa fille. Ayant été ainsi maltraitée, elle ne ramènera jamais ici Yasmine, dit-elle. Et des larmes coulent suite à la prise de position du médecin, sans rien connaître de la réalité. Ayant été témoin de la scène, je me demande comment atténuer le ressenti contre le médecin.
L’annonce faite à Marie
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
- « Depuis quand suis-je en obésité ? Ça remonte à loin. Je me souviens de quelque chose de très choquant. C’était à l’école primaire, le pédiatre note sur mon carnet de santé qu’il faut faire attention. Il s’adresse à ma mère, il parle de moi mais pas à moi. « Elle est presque en obésité ». Elle doit ceci, pas cela… Puisqu’on ne me parle pas, je n’écoute plus. Je viens juste de recevoir un coup. Elle, c’est moi. On parle de son obésité, de surveiller, on ne s’adresse pas à moi. Je suis anéantie.
- Réduite à rien puisqu’on ne vous parle pas ?
- OUI ! J’en suis encore sous le coup. Je ne me suis pas saisie de ce qui lui arrivait, à cette petite Marie. Elle n’avait qu’à faire attention. Elle devait être raisonnable. Je n’étais pas concernée. Si on m’avait parlé, peut-être… Mais le paquet nommé Petite Marie, qui était-ce ? Un objet de sa mère ? Alors qu’elle se débrouille ! Qu’elle s’en occupe, ma mère.
- Ce n’était pas votre problème !
- La violence des mots ! Obésité, … c’est moche, dégoûtant, un truc vilain et petite Marie n’a pas envie du fardeau… C’était le problème de ma mère puisque, le pédiatre s’adressait seulement à elle bien que je sois présente. D’ailleurs je la voyais bien ennuyée, presque au bord des larmes. On aurait dit une petite fille qui se faisait disputer. Ça changeait ! D’habitude, c’était moi qu’on enguirlandait. Peut-être même que j’y prenais un certain plaisir. Comme on ne s’entendait pas bien du tout, je savais quoi faire pour l’embêter…
- Vous avez pris du poids CONTRE votre mère ?
- Maintenant je regrette tout ça… Il était bête ce médecin quand même, non ? Vous croyez que ça existe encore des situations comme celle-là ?»







