Obésité : et si prendre du poids nous protégeait des polluants ?
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
On évoque désormais le concept d’obésités au pluriel car multiples sont les raisons de prendre du poids. Un développement actuel concerne la lutte contre les polluants organiques persistants par la production accrue de cellules adipeuses. Ainsi, pour faire simple, certains d’entre nous se défendent contre les polluants qui envahissent notre quotidien en prenant du poids. L’industrialisation accrue a augmenté notre exposition aux agents chimiques et physiques qui sont à même une fois au contact de nos cellules d’interférer avec l’équilibre physiologique. Ces agents peuvent ainsi dérégler les équilibres hormonaux et métaboliques.
On parle maintenant de perturbateurs endocriniens. La vulnérabilité de notre organisme vis-à-vis de ces perturbateurs peut apparaître dès la période péri natale (qui entoure la naissance). Ces polluants peuvent altérer la programmation fœtale dans cette période charnière. On parle de molécules obésogènes, citons les dioxines, les PCB, le bisphénol A, les pesticides, la nicotine et même l’arsenic qui ne nous fera pas faire de la vieille dentelle.
Mais est-ce si mauvais que cela de stocker des polluants dans les cellules adipeuses ? Probablement pas ! Ainsi en accumulant dans les adipocytes, on ne stocke pas ailleurs et par conséquent on protège des organes autrement plus vulnérables, ce qui pourrait entraîner des perturbations toxiques par toxicité aiguë.
Je veux en venir au fait qu’il est fort probable que des amaigrissements rapides mal conduits initiés par des amaigrisseurs s’avèrent plus délétères que bénéfiques. Un amaigrissement lent permet au tissu adipeux de relarguer progressivement vers d’autres compartiments via la circulation sanguine. Ainsi le gras joue un rôle de tampon. Encore une preuve que trop est l’ennemi du bien et qu’en premier on ne doit pas nuire à nos patients. Donc militons pour un amaigrissement progressif et non pas brutal car les dégâts collatéraux peuvent s’avérer pires que prévu.







