Les différences, en quoi ça vous dérange ? (suite)
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En quoi la différence devient-elle un problème ? Nous disions dans le texte « Les différences, en quoi ça vous dérange ? », qu’il s’agit toujours d’un groupe majoritaire qui se rassure sur son identité pure. C’est une erreur. Les femmes, sauf intervention pour supprimer des bébés filles, représentent la moitié de l’humanité. Pourtant, sous certaines latitudes, elles sont considérées comme inférieures. Ainsi, notre première assertion s’enrichira d’une précision : le groupe majoritaire peut se considérer comme tel en dehors de l’effet de nombre.
Pourquoi donc ? De nombreuses pistes sont alors évoquées. Le narcissisme des petites différences, par exemple. Plus la différence est ténue et plus ce narcissisme s’affirme. Ne pas être de ceux-là ou de celles-là… Comme si on avait peur d’être. Alors, on charge la barque… On cache la femme, on caricature l’autre et toujours le processus sera de dénigrer, de toujours accabler, jusqu’à dénier son humanité à l’autre.
Le mécanisme est redoutable. Pour enrayer le processus, la vigilance se justifie pleinement. Dès qu’une discrimination existe, l’atteinte à l’humanité en général est déjà là. Nous sommes tous concernés.







