Repas et convivialité
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Pour le Français, manger est important et la coupure du repas de midi est sacro-sainte, contrairement aux pays anglo-saxons plus enclins à déjeuner sur le pouce. Le repas partagé sur les lieux du travail ou à proximité est certainement source de convivialité et d’échanges.
Toutefois, d’autres pays, ici et là, provoquent ces moments de vie sociale autour d’une partie de cartes, d’une bière dans un pub, d’un café au bistrot, de tapas au bar, ou à l’occasion d’une promenade dominicale en famille dans les villages italiens…
Le repas pris à la va-vite, dans la rue, à n’importe quelle heure, à base de pizza, de hamburger ou de nuggets, avec leurs "dressings" n’est certainement pas à encourager. Il peut très bien générer une obésité.
Chacun pour soi, chacun son plat. Urgence, réhabilitons le manger ensemble !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Nous mangeons en moyenne 70 000 fois dans notre vie. Nous passons 6 ans de notre vie à manger (et 25 à dormir).
Se nourrir est indispensable à la vie car la privation de nourriture est associée à la mort.
Le particularisme de la restauration française repose sur le manger ensemble, sur le partage d’un moment de convivialité. On évoque la commensalité.
Les crises sanitaires successives, la pandémie des obésités, le développement du diabète dans le monde, les prises en compte du bien-être des animaux, le succès des régimes (à la gomme), les reportages alarmants sur la dégradation des conditions d’élevage, d’abattage, de culture, les réflexions sur le gaspillage alimentaire, la pauvreté et la fracture sociale entraînent le développement de sentiments de culpabilité vis-à-vis de la nourriture quotidienne et du manger ensemble. De plus en plus de personnes se dirigent vers de nouvelles mœurs alimentaires (végétarisme, végétalisme) rendant de plus en plus incompatible le manger ensemble.







